Mali: L'emploi des jeunes au cœur du débat sur l'émigration

29 Novembre 2018

La jeunesse de Kayes s'est mobilisée mercredi pour faire entendre sa voix lors de la table ronde organisée par DW et Radio Kledu.

C'est dans une salle pleine à craquer que le débat "77% - Nous les Jeunes d'Afrique" s'est tenu dans la première région administrative du Mali, zone de départ par excellence des migrants maliens.

Elèves, étudiants, salariés, chômeurs, leaders associatifs ont en effet littéralement pris d'assaut la chambre de commerce et d'industrie pour ne rien rater de l'évènement.

Les thèmes du jour portant notamment sur l'emploi des jeunes et l'immigration irrégulière déchaînent toujours des passions au sein de la jeunesse malienne.

On ne peut pas stopper les migrations

Amara Sidiki Dagnoko est le vice-président du conseil communal des jeunes de Kayes. Il est intervenu dans le débat à travers une interpellation destinée aux politiques.

"Sur la question migratoire, il ne s'agit pas seulement de ne pas stopper, on ne peut même pas stopper, ce n'est pas l'objectif et tout le monde le sait" a-t-il souligné. Selon lui, on doit cesser de "traiter la question migratoire sous l'angle de l'immigration irrégulière" mais plutôt "se demander ce qu'il faut faire pour maintenir ces jeunes dans les zones de départ".

Très acclamée dans la salle lors de son intervention sur l'orientation de la jeunesse en matière d'emplois, Sidibé Agnès Konaté, de l'association "La voix du sahel" figurait parmi les panelistes.

Elle déplore l'inadéquation entre les filières d'enseignement et l'offre sur le marché de l'emploi. "On pense que les jeunes n'ont pas la volonté ou qu'ils ne veulent rien faire que d'être des bureaucrates, alors que ce n'est pas cela", explique-t-elle, tout en déplorant que "les secteurs porteurs dans lesquels les jeunes doivent être investis ne [soient] pas valorisés dans le pays".

"Ce que nous demandons, c'est la valorisation de ces secteurs partout au Mali, et dans la région Kayes plus particulièrement, pour que les jeunes puissent aller de l'avant sans avoir à émigrer", appelle Sidibé Agnès Konaté.

La reconversion comme solution au chômage ?

En réponse aux différentes doléances et autres interpellations des jeunes, Adama Guindo, maire de la commune urbaine de Kayes mettra l'accent sur la reconversion comme un moyen susceptible de permettre aux jeunes de gagner leurs vies dans leurs localités d'origine.

"Par exemple, quelqu'un qui a un profil qui ne correspond pas à l'offre d'emplois sur le terroir devrait essayer d'apprendre ce qui est utile à la collectivité", fait valoir l'édile. Selon lui, un juriste pourrait tout à fait se reconvertir dans l'élevage de poules ou le maraîchage avec une formation adéquate.

"Je crois qu'il est utile de faire cette formation, de créer son entreprise et de s'installer parce que vous avez un certain niveau d'instruction", a estimé Adama Guindo. Selon lui, "le marché existe".

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