29 Novembre 2018

Tchad: Idriss Déby Itno sous pression dans le Tibesti

Photo: RFI
Le massif du Tibesti à l'extrême nord du Tchad, frontalier avec la Libye et le Niger, une région abandonnée plaide Hassan Soukaya Youssouf.

Le président tchadien fait face à la fois à une rébellion bien armée et à la colère des orpailleurs qui sont délogés par le gouvernement. Pour y faire face, il a décidé de renforcer la présence militaire dans le Tibesti.

La répression conduite dans cette province, d'où peu d'informations filtrent, commence à susciter des inquiétudes.

A l'origine de ce conflit, le découpage administratif avec notamment le rattachement de quelques communes et sous-préfectures de la province du Tibesti à celle du Borkou.

Mécontentement des populations

La population du Tibesti a estimé qu'à travers ce nouveau découpage, le gouvernement tchadien voulait faire main basse sur l'or découvert à Miski, un village du Tibesti, érigé en commune et rattaché à la région du Borkou.

La population s'est donc organisée en comité d'auto-défense pour empêcher toute exploitation de l'or dans cette localité.

En réponse, le gouvernement tchadien a choisi l'option militaire pour mater la contestation. Une option qui révolte Ahmat Ramadane, natif de la localité qui se dit sidéré par la répression du gouvernement.

"En tant que natif du Tibesti et Tchadien, je suis vraiment très frustré que notre gouvernement attaque une partie de sa population et lance des bombardements aériens pour massacrer sa propre population. C'est une situation très grave. Nous demandons à la communauté internationale de faire pression sur le gouvernement afin d'arrêter ces massacres, a déclaré, Ahmat Ramadane."

L'armée face aux rebelles dans le nord

Par ailleurs, l'armée tchadienne fait face aux rebelles du Conseil du commandement militaire pour le salut de la République (CCSMR) qui a mené plusieurs attaques dans les localités du Tibesti.

Selon Kingabé Ougouzemi Tapol, le porte-parole des rebelles : « Depuis le 11 août dernier, quand nous avons lancé les opérations militaires sur le territoire tchadien, N'Djamena ne contrôle plus le BET (Borkou-Ennedi et Tibesti, ndlr). Ce sont des signes indicateurs d'une fin de règne. Il n'y a pas d'autre qualificatif pour qualifier ce qui se passe en ce moment dans le BET que celui de situation de guerre. Et cette situation est en train d'échapper à Idriss Deby. »

Cette situation est suivie de près par les associations de défense des droits de l'homme. Mahamat Nour Ahmat Ibedou, secrétaire général de la Convention pour la défense des droits de l'Homme, la CTDDH, appelle ainsi le gouvernement tchadien à privilégier le dialogue.

"Les autochtones habitent une zone désertique, ce qui leur a permis de gagner quelques points sur le terrain militaire. Mais, il faut un dialogue urgent afin que cesse cette situation. De toute façon, cette situation ne peut pas être en faveur du gouvernement quelle que soit l'issue de ces événements. Parce que même si le gouvernement l'emporte militairement, il va faire face à une population complètement hostile. Par contre, si c'est eux qui gagnent, alors c'est une menace pour le gouvernement, a confié Ahmat Mahamat Nour Ibedou."

Contacté, le député Djiddi Allahi, originaire du Tibesti, n'a pas souhaité accorder d'interview enregistré mais il affirme toutefois déplorer la situation. Pour lui, le dialogue est la meilleure manière de régler ce conflit.

Nos tentatives pour obtenir une déclaration du ministre en charge de la Sécurité publique, natif également de la région, sont restées sans suite.

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