30 Novembre 2018

Sénégal: Contrôle du fichier électoral, «Monsieur élections»... - L'opposition brave Macky dans la rue

C'est sous une forte escorte policière que l'opposition réunie sur la bannière du Front démocratique et social de résistance nationale a marché hier, jeudi 29 novembre 2018, de la place de l'Obélisque au rond-point de la RTS. Les principales doléances de l'opposition sont relatives au contrôle du fichier électoral, à la dénonciation du parrainage, à la requête de « Monsieur Elections » pour le scrutin présidentiel entre autres.

C'est avec une forte mobilisation constituée principalement de jeunes que l'opposition a battu le macadam à Dakar hier, jeudi 29 novembre 2018. La manifestation était assez hétéroclite avec les diverses effigies de leaders politiques représentés, marquée cependant par une forte présence des Karimistes. Du coup, le candidat en exil du Pds Karim Wade était l'absent le plus présent, sur le fait des nombreuses pancartes et des photographies empreintes de clichés et d'effigies où on pourrait lire par exemple « Karim président 2019 ». Les jeunes venus massivement avec une forte présence des femmes sont ont tenu à manifester pour la libération de leur candidat et le « respect des droits de Karim Wade » d'une part. Tout en exigeant d'autre part la « libération du député Khalifa Sall ».

De la place de l'Obélisque au rond-point de la RTS, les membres de l'opposition ont ainsi bravé le régime du président Macky Sall accusé de tous les maux du Sénégal. Dans leurs différentes interventions, les leaders de l'opposition présents à la marche sont tous revenus sur l'importance de permettre à l'opposition « d'auditer et d'accéder au fichier électoral ». Qui plus est, le régime de Macky Sall a été invité par ses opposants à arrêter ce qu'ils appellent le « bradage des ressources naturelles par des contrats nébuleux». A la fin de la marche, l'opposition s'est donné rendez-vous pour une autre manifestation, le jeudi 6 décembre, mais cette fois devant le ministère de l'Intérieur.

REACTIONS...

OUMAR SARR, SGN ADJOINT DU PDS : «Nous menons un combat pour une élection transparente où on n'élimine pas des candidats»

La prochaine étape sera la manifestation devant le ministère de l'Intérieur. Suivant la réaction du gouvernement, nous allons nous organiser autrement. S'ils n'acceptent pas ces manifestations qui sont des manifestations légales permises par la Constitution, il y aura probablement des débordements, il y aura toutes sortes de combat y compris des combats de rue. Nous ne voulons pas cela, c'est pourquoi nous faisons des manifestations calmes dans la paix. Nous espérons que le gouvernement va nous entendre et va autoriser les autres manifestations. Nous voulons simplement que le peuple sénégalais nous entende, que Macky Sall nous écoute, que la communauté internationale sache que nous menons un combat légal et légaliste, un combat pour une élection transparente où on n'élimine pas des candidats par des coups de loi. Nous voulons vraiment une élection dans laquelle tout le monde sera gagnant.

DETHIE FALL, DEPUTE ET VICE-PRÉSIDENT DE REWMI : «Hors de question de suivre Macky Sall dans un processus électoral piégé de bout en bout»

Nous allons vigoureusement nous opposer aux pratiques antidémocratiques du président Macky Sall. Comment candidat à la candidature comme les autres, il peut se permette d'être le seul à disposer du bon fichier électoral, de pouvoir en soustraire et en ajouter qui il veut ? Pourquoi insiste-t-il à vouloir faire organiser les élections par un de ses militants ? C'est inacceptable. Macky n'écoute plus, il est obnubilé par un deuxième mandat. Nous lui opposerons la résistance nécessaire. Il n'a qu'à libérer les otages politiques Khalifa Ababacar Sall, Karim Wade et prendre toutes les dispositions pour leur participation à l'élection présidentielle. Il a choisi d'installer le pays dans une instabilité et nous le tiendrons responsable de tout ce qui se passera au Sénégal d'ici la présidentielle. Il est hors de question de le suivre, sans rien faire, dans un processus électoral piégé de bout en bout. Nous allons nous battre pour notre démocratie qu'il a opté d'affaiblir. Les Sénégalais ne veulent plus de lui, Il n'a qu'à préparer son départ.

Sénégal

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