Cote d'Ivoire: Lutte contre le Vih et la tuberculose dans les prisons - 96% des détenus connaissent leur statut sérologique

1 Décembre 2018

La prévention et le traitement connaissent du succès en milieu carcéral. Ce qui est une chance pour le recul de ces pandémies qui déciment aussi les populations non vulnérables.

L'atelier bilan 2018 des interventions en direction des populations carcérales, qui se tient depuis jeudi à Grand-Bassam, a montré que le projet de prise en charge globale des Ist et de Vih/sida en milieu rural et qui vise à améliorer la santé de tous les détenus et tous les acteurs intervenant dans l'environnement carcéral, a enregistré des acquis institutionnels et structurels et obtenu des résultats programmatiques plus que satisfaisants.

C'est le principal enseignement qui ressort du bilan de 10 ans d'activités d'Esther qui par association avec six autres partenaires est devenue ensuite Expertise France, qui pour le compte du Programme national de lutte contre le sida (Pnls) et avec des financements du Fonds mondial de lutte contre le Vih/sida, la tuberculose et le paludisme, a mis en œuvre ledit projet.

Ce rapport préparé et présenté par le Dr Jeanne-d'Arc Assémian Ouattara, coordonnatrice au Département santé de l'Ong Expertise France, mentionne que la Côte d'Ivoire avec une prévalence de 3,7% au niveau de sa population globale en 2011-2012, a fait des progrès substantiels dans la prévention et le traitement du Vih en milieu carcéral, puis vers la réalisation des objectifs 90 90 90.

Les statistiques optimistes montrent que 96% des détenus connaissent leur statut sérologique Vih et sont dépistés pour la tuberculose au moment d'intégrer la prison. De plus, ceux parmi les détenus qui dépistés positifs pour le Vih et / ou la tuberculose sont systématiquement mis sous traitement et bien suivis.

De juillet 2016 à septembre 2018, on note 260 cas de tuberculose avec 10 cas combinés de tuberculose et de Vih. En 2018, ce sont seulement 436 nouveaux cas enregistrés.

Que faire cependant pour maintenir les acquis obtenus dans le domaine du Vih/sida et de la tuberculose dans les 34 prisons de Côte d'Ivoire, après le retrait d'Expertise France ?

Le Directeur général de la Santé, le Pr Simplice Dagnan représenté par le Dr Jean-Claude Koffi, Directeur départemental de la Santé de Grand-Bassam, recommande que la Côte d'Ivoire aille résolument à la mise en œuvre effective de la politique de santé dans ce milieu peuplé de personnes particulièrement vulnérables.

En élaborant au plus vite le plan stratégique de santé en milieu carcéral et en mobilisant son financement pour aider à améliorer la santé des détenus.

Annick Etienne Diener, première conseillère à l'ambassade de France en Côte d'Ivoire et Saran Branchi, conseillère régionale en santé mondiale, ont indiqué qu'avec le départ annoncé d'Expertise France, la France part pour mieux rester.

Car pour ce pays, 2è contributeur financier du Fonds mondial, le droit à la santé est une question de droits humains.

Le gouvernement français, ont-elles tenu à rassurer les autorités ivoiriennes représentées par Boubacar Coulibaly, Directeur de l'Administration pénitentiaire et le Dr Jean-Claude Koffi, Directeur départemental de la santé, continuera de soutenir la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme de façon générale et de manière particulière au niveau de ce projet qui fait sa grande fierté.

Le Programme national de lutte contre le Sida (Pnls) et Alliance Ci qui prennent le relais dans la mise en œuvre dudit projet, ont proposé la convocation urgente d'une séance de travail du comité paritaire Santé/Justice pour obtenir la rédaction et la signature du décret d'application, afin de rendre plus opérationnel son fonctionnement.

Car il faut faire face à de nombreux défis. Notamment, l'opérationnalisation du document de politique de santé en milieu carcéral, la poursuite du plaidoyer pour l'amélioration des conditions de détention des détenus au niveau de l'hygiène et de l'alimentation.

Il faut aussi mobiliser des ressources additionnelles pour améliorer la qualité des soins. Le matériel médical et l'approvisionnement en médicaments sont encore insuffisants sans oublier les mesures de motivation des acteurs.

La prise en charge des détenus malades dans les hôpitaux de référence est si complexe à organiser que pour briser les tabous, il est devenu utile de réussir à mettre en place l'hôpital en prison. Si tant est que la dignité d'un homme, comme nous l'enseigne Simone Veil, ne s'arrête pas au seuil de la prison.

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