3 Décembre 2018

Sénégal: Sédhiou - Tension à Karantaba autour de l'enlèvement du bois d'œuvre

Il s'en est fallu de très peu, avant-hier samedi 1er décembre, pour que les populations de Sunna Karantaba en viennent aux mains avec les Forces de l'ordre dépêchées sur les lieux. Les habitants de ce grand foyer religieux de l'Est de Sédhiou dénoncent les coupes abusives de bois dans leurs forêts.

Mais, pour l'incident précis, ils déclarent avoir ramené de la forêt du bois coupé par un opérateur et, sans en être informés, les forestiers descendent pour récupérer le produit, alors que, selon eux, ils ont investi sur fonds propres pour la manutention de la forêt au village.

Ce bois de la discorde est un caïlcédrat qui a été coupé en 2017 par une entreprise dénommée SOSSEF-CA et découpé en madrier en plusieurs dizaines d'unités.

L'Inspection régionale des Eaux et Forêts de Sédhiou renseigne qu'au moment de la coupe, l'entreprise détenait par devers elle une autorisation dûment délivrée, mais devenue caduc faute d'avoir enlevé le produit jusqu'à l'interdiction de la coupe de bois suite au massacre de Boffa-Batotte, en janvier dernier.

Les populations de Karantaba qui ont ensuite convoyé le produit sur 4 kilomètres, depuis la forêt jusqu'au village, ont constaté ces deux derniers jours la présence des forestiers qui embarquent les madriers; ce à quoi s'opposent les villageois au motif que leurs forêts font non seulement l'objet d'un pillage mais exigent, dans le même temps, que leur soient restitués leurs frais de manutention.

La tension était très vive avant-hier samedi après-midi et un agent des Forces de l'ordre a même tiré un coup de feu en l'air pour disperser les nombreux manifestants.

Ibrahima Solly, l'un des porte-paroles des populations de Karantaba explique que «pendant près d'une décennie, la forêt de Karantaba est massacrée par des coupeurs de bois, parfois sans permis.

Cela a un impact néfaste sur nos économies. C'est une source potentielle de pauvreté dans un avenir proche. L'année dernière après une altercation avec le sieur Kara Mamadou Dramé, l'administration avait tranché en notre faveur».

Fodé Dramé, un autre leader de ce mouvement spontané ajoute, avec acquiescement du reste du groupe, que «l'Inspection régionale des Eaux et Forêts avait décidé de vendre le produit. Mais, nous qui avons récupéré les bois pour les amener au village, sur 4 kilomètres pour les sécuriser, exigeons qu'on nous rembourse les frais de manutention et de transport.

Il nous a été notifié que 30% sera rétribués aux forestiers et les 70% à la caisse de la commune. Nous n'en voulons pas, mais réclamons ce qui nous revient pour nos énormes efforts», dit-il, sous les cris des manifestants.

L'inspecteur régional des Eaux et Forêts de Sédhiou dit avoir demandé à ses agents de suspendre les opérations d'enlèvement, le temps d'une concertation avec les populations, afin de trouver une solution à l'amiable, indique l'inspecteur Djimanga Diédhiou.

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