3 Décembre 2018

Congo-Kinshasa: A l'occasion de la journée internationale des PVH - Sergine Rehema appelle à poursuivre la lutte pour l'égalité des chances...

Elle-même personne vivant avec handicap, Sergine Rehema, journaliste à la radio Top Congo et coordonnatrice de l'Asbl "Handicap Zéro", cette femme a su s'accepter dans sa condition physique.

A l'occasion de la journée internationale des personnes vivant avec handicap célébrée le 3 décembre de chaque année, cette dame de fer et professionnelle des médias partage son expérience et donne, en même temps, son avis sur les réalités quotidiennes vécues par les personnes infirmes. C'était au cours d'un entretien accordé à La Prospérité. Aujourd'hui, la population congolaise compte près de 20% des PVH et 15% d'entre elles sont analphabètes. "C'est ainsi que nous nous sommes déplacé jusque vers le CENI, dans le cadre de notre journée internationale, en vue de discuter et plaider d'éventuelles conditions et précautions prises en faveur des personnes handicapées lors du processus électoral. "

Professionnelle des médias depuis plus d'une décennie, la combattante de l'égalité entre les personnes dit "infirmes" et celles dit "normales" portent sa voix sur d'éventuelles difficultés auxquelles sont confrontés ces égos. "Chacun de nous a un handicap. Handicap zéro est ma lutte. Ma volonté est qu'on arrive à une société où chacun considère son prochain comme lui-même. Ma satisfaction sera parfaite lorsque cette lutte quittera le niveau partiel pour devenir inclusif, c'est-à-dire que l'homme physiquement normal considère la personne handicapée, se batte pour ses droits et vice versa", a-t-elle déclarée. Avant de souligner que "la journée du 3 décembre est une des plus importantes pour moi. Celle-ci fait référence à mon état physique. C'est une date importante, significative et à la fois interpellatrice puisqu'elle rappelle au monde entier qu'à côté de soi, il y a une personne qui a besoin de son attention ainsi que de sa considération".

A l'en croire, l'avènement d'une telle date ne veut pas dire qu'on puisse vivre avec cette personne en ayant pitié d'elle. Il faudrait plutôt que ces êtres se sentent considérés, valorisés et libres comme toutes les autres personnes. Car, s'ils leur arrivent d'agir par brutalité ou méchanceté c'est, en quelque sorte, puisque les autres qui les entourent les rejettent.

Quid des questions publiques ?

Les conditions de construction de cette nation, des villes et même la configuration des lois ne prennent pas vraiment en compte la condition physique des handicapés. Raison pour laquelle "il ya de moins en moins des hommes ou femmes infirment qui postulent aux diverses législatives. Eux-mêmes se sentent incapables et se limitent du fait d'aller en campagne électorale dans certains milieux. D'où, ils se rétractent", déclare-t-elle. Triste réalité, pourtant réelle. En RDC, poursuit-elle, il n'existe même pas 10% des handicapés ayant postulé. Ce, parce que la configuration de la loi électorale est complexe. En plus, je continue à me demander comment les infirmes avec leur vélo entreront dans les isoloirs pour voter ? Pourtant, ce sont des congolais comme les autres.

"C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avons effectué une descente au siège de la CENI, pour connaître la participation et aussi l'implication de ces êtres au processus électoral. Avec déception, nous avons constaté que ni dans la formation des témoins, ni dans la composition des membres de centre de vote, les infirmes ne sont pas impliqués", a-t-elle avancé.

Selon elle, en réalité, cette fête devait se passer dans un contexte de joie et de célébration pour les personnes handicapées dans la mesure où elles se retrouvent libres dans la société et se sentent capables de tout faire "où qu'on soit et quoi qu'on fasse sans être regardés bizarrement et éveiller la pitié des autres".

En fait, Mme Rehema, la plus grande victoire à célébrer serait l'accompagnement de ces personnes ainsi que de leur effort non pas comme incapables mais plutôt comme personnes dotées d'énormes capacités. "L'infirme veut qu'on lui dise qu'il est capable, qu'il peut aller loin et évoluer", soutient-elle.

A Kinshasa, les autorités se limitent à réunir quelques têtes et donner des biscuits ou des bonbons, dixit cette dame. Et de renchérir : "Ce dont on a besoin en ce moment est un éveil de conscience. Les grands problèmes dont souffrent les infirmes sont le regard parfois rempli de dédain ainsi que la non-jouissance à tous les droits fondamentaux pour lesquels doivent jouir tous les humains", a-t-elle lancé. Car, dit-elle, "s'il y a des droits pour les hommes dit normaux, il doit aussi avoir les droits pour les handicapés. Puisqu'ils font partie de la nation et compose le peuple. Les handicapés sont des personnes à part entière, ils font partie intégrante de notre vie. S'ils sont marginalisés, c'est parce que chacun les considère comme des sous-hommes. Pourtant, dans chaque famille, il y a au moins un ou une infirme".

Affirmation

De ce qui précède, Sergine Rehema est d'avis que les parents et chefs d'entreprise doivent porter main forte aux infirmes en vue de les pousser à s'accepter, s'assumer et tout faire pour exceller dans leur domaine sans être complexés. "Je bénis Dieu pour avoir mis sur mon chemin un homme comme Marcel Ngoyi qui m'a toujours poussé à aller de l'avant et m'a formé sans prendre en compte mon état. Aujourd'hui, je m'affirme. Aujourd'hui je mène une lutte pour l'égalité des chances entre tous. D'ailleurs, j'ai déjà obtenu l'aide et le soutien du président de la CIME qui promet de prendre en compte cette lutte comme la sienne", témoigne-t-elle.

A en croire "Ghino", elle continue sa lutte "parce que jusqu'ici, je ne suis pas satisfaite et la situation de mes frères et sœurs de la même situation ne s'est pas encore améliorée. Il y a une petite avancée mais rien de consistant. Raison pour laquelle nous annonçons un forum qui sera organisé en partenariat avec l'Association des Paralysés Africains dans un avenir proche", conclut-elle.

Congo-Kinshasa

Denis Mukwege et Nadia Murad reçoivent officiellement ce lundi, le Nobel de paix

Les deux lauréats du Nobel de la paix, Denis Mukwege et Nadia, reçoivent ce lundi 10 décembre 2018… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 La Prospérité. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.