Mali: Blocage du DDR à Kidal - La crise de confiance persiste

Photo: Le Pays
Kidal
4 Décembre 2018

Des combattants prêts à déposer les armes, et qui en sont empêchés, cela paraît pour le moins incroyable. Et pourtant, c'est ce qui se passe à Kidal, au Mali, où environ 175 « warriors » sont interdits d'accès à la ville par l'actuel président en exercice de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), Algabass Ag Intalla. Pour quelle raison ? Difficile d'y répondre, tant l'intéressé n'en avance aucune.

On sait seulement que la plupart de ces combattants bloqués à Takalout sont issus de la Coordination des mouvements de l'entente (CME) et du Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA).

C'est tout simplement ahurissant quand on sait que les ex-rebelles de la CMA qui jouent actuellement les trouble-fêtes, s'étaient pourtant engagés à faire en sorte que soit inclusif le processus de la Démobilisation, du désarmement et de la réinsertion (DDR) qui, à terme, devrait permettre un retour définitif de la paix à Kidal en particulier et au Mali en général.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a là une mauvaise foi manifeste qui traduit une véritable crise de confiance entre les protagonistes de la crise malienne qui dure depuis maintenant plus de six ans. En vérité, et même s'ils ne le disent pas, les ex-rebelles de la CMA soupçonnent les combattants de la CME et du MSA d'être proches du gouvernement de Bamako.

Et comme chat échaudé craint l'eau froide, ils ne veulent pas prendre le risque de les laisser entrer à Kidal avec des armes sous peine de se faire agresser comme le leur avaient fait les troupes du Général Gamou, il y de cela deux ans. C'est donc clair. Pour la CMA, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une ruse de guerre que leur opposent les 175 combattants.

Si rien n'est fait, la crise pourrait traîner en longueur

Peut-être a-t-elle raison d'autant plus qu'en guerre, il faut éviter de prendre le moindre risque. Car tant qu'à faire, pourquoi ne pas désarmer les combattants en question aux portes de Kidal avant de les conduire à destination sous bonne escorte de la MINUSMA et de Barkhane qui, face au blocage actuel, se démènent comme de beaux diables, pour tenter de démêler l'écheveau ?

Ou alors, il faut, s'il y a lieu, réorienter les 175 combattants vers d'autres localités où pourra se faire sereinement leur opération de désarmement qui, quoi que l'on dise, constitue une étape importante dans le processus de sortie de crise au pays de Soundjata Kéita.

Cela aura l'avantage d'ôter en même temps tout argument à la CMA qui, on le sait, multiplie les couacs pour ne pas déposer les armes, attachée qu'elle est à la partition du pays. Cela dit, la communauté internationale est donc interpellée.

C'est à elle de tout mettre en œuvre pour qu'aucune pantalonnade ne vienne perturber le processus de DDR en cours au Mali qui est presque sous coupe réglée des groupes armés dont on sait que certains flirtent avec les terroristes.

Car, si rien n'est fait, la crise pourrait traîner en longueur jusqu'aux prochaines échéances électorales. Et même si la Constitution l'autorise à briguer un troisième mandat, Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK), pour avoir vu des vertes et des pas mûres, pourrait battre en retraite. Et c'est peu dire !

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