4 Décembre 2018

Sud-Soudan: L'ONU réclame justice après des violences sexuelles en masse

Au cours de la semaine dernière, les équipes de Médecins sans frontières (MSF) ont offert une assistance médicale et psychosociale d'urgence à plus de cent cinquante femmes et jeunes filles violées, battues et brutalisées par des hommes armés, dont plusieurs en uniforme dans le nord du pays.

Le 3 décembre dans la soirée, les services des Nations unies ont indiqué:« Nous appelons les autorités compétentes à dénoncer publiquement ces attaques et à s'assurer que leurs auteurs soient traduits en justice. Toutes les parties au conflit doivent s'acquitter de leurs obligations humanitaires internationales et cesser les attaques contre les civils. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, condamne fermement les attaques sexuelles brutales » .

« En dépit des engagements des dirigeants de ce pays à cesser les hostilités et à relancer le plan de paix, la situation sécuritaire pour les civils reste catastrophique, notamment pour les femmes et les enfants », ont-t-ils regretté.

Evoquant le recours aux violences sexuelles comme « tactique de guerre » récurrente dans le pays, Antonio Guterres souligne que de tels « comportements prédateurs contre les plus vulnérables sont inacceptables ».

Le secrétaire général a exhorté les dirigeants de toutes les parties au conflit à s'opposer à l'impunité pour ces crimes via des enquêtes et des poursuites judiciaires pour leurs auteurs.

L'ONU a annoncé qu'elle avait augmenté le nombre de patrouilles. Le Programme alimentaire mondiale a dit qu'il allait tenter de rapprocher les distributions de nourriture des communautés. Dans le même temps, les condamnations continuent, aux Nations unies notamment. Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint, a dénoncé des "attaques atroces". Même ton pour Mark Lowcock, en charge des affaires humanitaires, qui a signé un communiqué commun avec Henrietta Fore et Natalia Kanem, directrices exécutives de l'Unicef et du Fnuap.

Tous réclament des gestes des autorités pour punir les coupables. Mais beaucoup craignent que ces crimes restent une fois de plus impunis. Pour sa part, le gouvernement accuse MSF d'avoir produit un faux rapport pour obtenir des fonds.

Ces femmes avaient été violées ou brutalisées en dix jours alors qu'elles cherchaient à s'approvisionner en nourriture fournie par des organisations humanitaires internationales autour de la ville de Bentiu, dans le nord du pays. Certaines des victimes sont âgées de moins de 10 ans, d'autres étaient enceintes ou avaient plus de 65 ans, avait précisé MSF.

En plus d'avoir été sauvagement violées, les survivantes ont été fouettées, battues ou frappées à l'aide de bâtons ou de crosses de fusils. On leur a dérobé de l'argent, des vêtements, des chaussures et tout autre objet de valeur qu'elles auraient pu posséder et dont elles auraient pu avoir besoin pour soutenir leur famille. Même leurs cartes de rationnement pour recevoir de la nourriture ont été prises et détruites par les agresseurs.

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013 à Juba, lorsque le président Salva Kiir, un Dinka, a accusé Riek Machar, son ancien vice-président, de l'ethnie Nuer, de fomenter un coup d'Etat.

Le conflit, marqué par des atrocités à caractère ethnique et le recours au viol comme arme de guerre, a fait plus de trois cent quatre-vingt mille morts selon une étude récente, et poussé plus de quatre millions de Sud-Soudanais, soit près d'un tiers de la population, à s'enfuir.

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