5 Décembre 2018

Cote d'Ivoire: Kouamé Bèzême Christophe - « Ceux qui dirigent le PDCI sont des va-t-en guerre »

interview

Kouame-Bèzême Christophe est inspecteur du PDCI et membre fondateur du mouvement "Sur les traces d'Houphouët-Boigny". Il est également le premier responsable de ce mouvement à Abobo et adjoint au maire du conseil municipal sortant. Lors de l'élection municipale du 13 octobre 2018, il a été directeur de campagne de la zone 8 du candidat Hamed Bakayoko qui a été élu maire. Entretien

Comment s'est construite la victoire du Rhdp à Abobo lors de la municipale ?

En fait, ce sont les œuvres qui ont fait cette victoire qui s'est construite de la manière la plus tsimple. Mais, en tant que chrétien, nous avons été visités par l'Esprit-saint qui nous a envoyé un homme comme le ministre d'État Hamed Bakayoko.

Ne connaissant pas Abobo, il a été instruit et il a mis autour de lui une équipe composée de tous les mouvements. Et cette équipe, sous la responsabilité du ministre d'État Hamed Bakayoko, a fait un travail de fourmi. Indépendamment des campagnes que j'appelle publicitaires où les gens viennent, nous avons fait un travail à la chinoise.

Nous sommes partis dans tous les hameaux et maisons. Nous avons expliqué aux Abobolais, qui est Hamed Bakayoko. Cela a été facilité parce que le produit Hamed Bakayoko a été facilement vendable. Au vu de son humilité, sa manière d'aborder les choses, nous avons été satisfaits.

Ce qui nous a amenés à cette belle victoire. Cette victoire que j'appelle écrasante et ne souffrant d'aucune contestation parce que nous en tant que directeur de campagne de la zone 8, nous avons fait une campagne civilisée. Surtout comme je l'ai dit, dès le départ, une campagne de proximité qui a payé.

Où couvre la zone 8?

C'est l'étendue de la délégation où j'ai été délégué du PDCI. On appelait cette zone Abobo 3. Elle s'étend de la Sogefiha, Colatier, Houphouët-Boigny et désert. C'est une zone très importante et c'est la zone où le ministre-maire a sa résidence et c'est là qu'il a voté. Notre taux de victoire avoisine les 58 à 60%.

Quels étaient les atouts de l'équipe conduite par le ministre Hamed Bakayoko ?

Je vais vous dire une chose qui va vous surprendre. De toutes les campagnes que j'ai faites depuis mon petit âge de 72 ans avec près de 50 ans d'activités politiques, je n'ai jamais fait une campagne aussi enrichissante. J'ai appris beaucoup de choses.

De toutes les campagnes, je le répète encore, nous en tant que directeur de campagne, on n'a pas subi trop de pressions parce que le ministre Hamed Bakayoko a eu des collaborateurs scientifiques qui nous ont élaboré des plans et nous étions des directeurs indépendants. C'est-à-dire des directeurs de campagne au sens propre, avec budget, sa direction de campagne et sous-direction de campagne.

Nous avons été libérés du fait que nous n'avons pas été stressés. Parce que les militants ne sont pas venus nous assiéger pour dire qu'ils veulent ceci ou cela. Cela a été une campagne des plus belles où il n'y avait pas un directeur central à qui, nous devrions nous adresser pour nos problèmes. Les problèmes étaient résolus à la base.

Et on nous a laissé gérer comme il se doit en tant que directeur de campagne. J'ai été directeur de campagne à plusieurs reprises où il fallait aller à une direction centrale, exposer, pour obtenir ce que vous voulez avoir pour les électeurs qui venaient vous assiéger et qui disaient "nous voulons ceci ou nous voulons cela". Cela a été une campagne légère mais scientifique. Alors, je dis merci à Hamed Bakayoko pour avoir compris qu'une campagne se fait de cette manière.

En tant que cadre du PDCI, n'avez-vous pas subi de pressions pour avoir roulé pour le RHDP à Abobo?

Moi, Bêzème, je ne peux pas subir de pression de qui que ce soit. Depuis l'ancienne équipe municipale-RHDP, je n'ai pas eu de pressions. La pression était lors de la campagne municipale de 2013.

Et puis, je suis fier aujourd'hui pour avoir dit que le candidat désigné par le PDCI n'a pas fait le poids. De 22% en 2013, il est retombé à 17% en 2018. Cela veut dire qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Il faudrait que les dirigeants actuels du PDCI réfléchissent sur comment faire rebondir le PDCI.

Ce n'est pas par des injures, par des renvois, par des communiqués, des interviews tous les jours qui vont ramener les militants du PDCI à la raison. Nous avions dit, lors du Bureau politique, de nous laisser aller à cette élection pour nous peser et voir ce que dit la base.

À Abobo, la base a parlé. Elle a rejoint "Sur les traces d'Houphouët-Boigny". La base a fait éclater sa joie lorsque nous avons gagné.Je dis parce que nos dirigeants actuels, je ne sais pas où ils veulent nous emmener, où ils veulent emmener le Pdci. Ils voient la vérité et ils la contournent avec des interviews à n'en point finir.

J'ai lu sur les réseaux sociaux, dans les journaux qu'un certain nombre de proches du président Bédié menaient des actions pour le faire plier. Ce communiqué fait état de ce que le président n'avait pas dit cela.

Mais, ce neveu du président Bédié quand il parlait n'a pas fait cas de ces confidences qu'il a eues avec son oncle. Il a pris sur lui de faire des pétitions pour faire sortir le président Bédié de l'encrage dans lequel ils l'ont mis.

Et alors, on court pour produire un communiqué. Posons les problèmes à la base pour qu'elle nous dise ce qui ne va pas. Ne restons pas là pour dire on veut ceci. Et dans la politique actuelle, quand vous dites des vérités, on vous prend pour des vendus. Mais, je tiens à leur dire que je ne suis pas un vendu.

Mes parents n'ont jamais été des vendus et moi, je ne serai jamais quelqu'un à vendre. Bien au contraire, je ne vis qu'avec les moyens que j'ai. Aujourd'hui, je fais cette interview pour dire que le Pdci n'a pas été fondé pour une minorité.

C'est un mouvement populaire. Tout est parti du syndicat agricole, après le Rda et par la suite, un parti populaire où toutes les composantes de la nation y figuraient.

Je constate que maintenant, on renvoie cela à des problèmes ethniques et à des groupuscules. Le Pdci leur a donné des moyens par le canal de Meeci (Nrdl : Mouvement des élèves et étudiants de Côte d'Ivoire) dont j'ai été membre-fondateur au Havre en France. Je sais ce que c'est que le Pdci.

Qui sont ces minoritaires ?

Ce sont ceux qui dirigent actuellement le Pdci. La preuve, les résultats sont là, il y a une élection qui a été faite et on a vu qui pèse lourd sur le territoire ivoirien.

De ce fait, ils doivent savoir changer de paradigme pour ramener ceux qui ont été déçus par leur langage. Il faut les faire revenir à de meilleurs sentiments. On ne reste pas dans les magnans pour enlever les magnans. 2020, c'est maintenant !!!

Comment voyez-vous l'environnement politique sachant que le clivage entre les présidents Ouattara et Bédié s'élargit davantage ?

Nous savons que la Côte d'Ivoire est une terre bénie et tout se résout par le dialogue car le dialogue, c'est l'arme des forts.

Et Bédié qui a eu l'héritage d'Houphouët-Boigny doit s'en approprier pour ramener l'ordre dans ce pays pour que nous soyons un. Actuellement, ceux qui dirigent le Pdci sont des va-t-en guerre. Ce sont des gens qui ont des instincts.

Moi, j'ai été surpris qu'ils me disent que Gbagbo est leur frère. Subitement, c'est maintenant j'ai vu que certains se reconnaissent en Gbagbo. Sinon de tout temps, je n'ai jamais entendu que Gbagbo était le frère de celui-ci ou de celui-là au Pdci.

Qui sont ces certains ?

Mais, ce sont eux qui dirigent actuellement le Pdci. Voilà ! Moi, je ne peux pas comprendre c'est le mal du Pdci qui est là. Quand tu sors du Pdci, tu vas, tu gueules et quand tu reviens, tu deviens un militant actif. Je sais que parmi eux, il y a un qui a envoyé le slogan "on gagne ou on gagne", il se reconnaît .

Il y en a d'autres qui ont voulu vendre le Pdci à Guëi. Nous étions là ce jour-là en tant que membre du Grand Conseil. On sait ce qu'on leur a reproché et aujourd'hui ils peuvent dire qu'ils sont les meilleurs militants par rapport aux autres.

Ce qui me révolte, c'est quand les gens partent et ils reviennent, on leur donne de gros moyens. Ce sont ceux-là, les militants vendus et qui ont la parole au Pdci alors que les " les gardiens de temple" sont rejetés par ces militants venus d'ailleurs.

Comment votre équipe municipale entend gérer la commune d'Abobo durant les 5 prochaines années ?

Déjà, vous avez les prémices. Nous avons un maire qui est conséquent. Le maire Hamed Bakayoko a dit qu'il n'est pas venu gâter son nom. Il n'est pas venu chercher un nom.

Dès l'instant qu'il a dit cela, moi j'ai adhéré à son idée parce qu'Abobo est un vaste chantier où tout est à construire. Mais, vous verrez bientôt. On va construire le plus grand hôpital de la Côte d'Ivoire à Abobo, plus grand que les CHU. On va y construire le plus grand lycée des jeunes filles.

Nous avons reçu des donations qui sont là et le maire attend qu'on annonce les résultats définitifs pour mettre Abobo en chantier.

La commune d'Abobo va être enviée par les autres. Je vous donne ma parole. Ce n'est pas une parole de campagne, mais la parole qui sera vérifiée par les Abobolais, eux-mêmes.

Pour votre engagement aux côtés du président "Sur les traces d'Houphouët-Boigny", vous avez dit en son temps gare à celui qui ose vous menacer. Qu'en est-il exactement ?

Je crois que ces menaces courent toujours. Nous sommes des enfants nés dans la politique et nous avons subi beaucoup de choses. Moi, j'ai été mis en résidence surveillée en 1958, je voudrais voir qui d'entre eux a subi ces genres de menaces.

Vous parlez de "Sur les traces d'Houphouët-Boigny" mais vous savez que les Houphouétistes, ce ne sont pas ceux qui tapent leur poitrine du matin au soir. Ce n'est pas comme ceux qui disent à longueur de journée sur les trottoirs, je suis le Christ ou Mahomet qui sont les premiers à entrer au paradis.

Nous avons été les enfants adoptifs d'Houphouët-Boigny. Il a payé nos études. Moi, j'ai été en France pas comme les autres aventuriers.

J'ai bénéficié d'une bourse de la présidence de la République de Côte d'Ivoire. J'ai été reçu par Houphouët et je sais qui est Houphouët et je le dis tous les jours, nous sommes les enfants adoptifs d'Houphouët. Nous sommes prêts à nous battre pour que Houphouët soit bien connu.

Aujourd'hui, nos enfants et petits-enfants ne savent pas qui est Houphouët et ils ne connaissent que la violence. Nous allons leur enseigner la philosophie Houphouétiste et cela passe par " Sur les traces d'Houphouët-Boigny et non "Sur les pas". Houphouët a tracé les sillons et à nous de les élargir en formant un peuple émergent.

Car la paix n'est pas un vain mot, mais un comportement. Vous savez le mouvement a été créé par le ministre Adjoumani. Pourquoi, Adjoumani et moi, nous nous entendons. Je compare Adjoumani à mon frère aîné le ministre Ehui Bernard. Ils ont les mêmes caractères, les mêmes tempéraments, Et Adjoumani est un fin politicien.

Je me rappelle que certains voulaient utiliser Adjoumani pour assouvir leurs sales besognes, croyant qu'Adjoumani se serait levé pour créer ce mouvement et par la suite leur faire la part belle. Mais, ils se sont trompés. Adjoumani est un politicien très intelligent car il ne fait pas les choses au hasard.

Entre Adjoumani et Bédié, je veux dire aux gens de ne pas mettre leurs doigts parce que c'est comme l'arbre et l'écorce. Adjoumani a tout appris d'Houphouët-Boigny. Il a appris le partage. Adjoumani est comme Hamed Bakayoko. Ils partagent et ce sont des hommes déterminés, des hommes d'action et de conviction.

En tant qu'Houphouétiste, pensez-vous que les présidents Bédié, Ouattara peuvent s'asseoir et se parler comme ils le faisaient dans un passé récent ?

En politique, on ne dit »jamais ». Je sais que les deux se voient et se parlent. C'est nous qui ne sommes pas dans la chambre qui pleurons. Ils arriveront à s'entendre parce que ce sont les enfants d'Houphouët. Et ils vont se retrouver, ils vont se parler, ils nous diront la voie à suivre et ceux qui ont pris des positions, auront honte.

Ce sont les deux que nous suivrons parce que c'est à eux seuls que Houphouët a confié l'héritage. Ce n'est pas à nous.

Nous ne faisons que profiter de l'héritage. Ils se verront et ils se parleront. Tel que je connais le président Bédié, il met du temps mais il nous fera plaisir.

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