5 Décembre 2018

Sénégal: La réalisation d'infrastructures pourrait entraver le développement socio-économique, selon un officiel

La réalisation d'infrastructures, qui ne prend pas suffisamment en compte la conservation des écosystèmes naturels, pourrait, à long terme, entraver le développement socio-économique du Sénégal, a affirmé mardi le colonel Boucar Ndiaye, directeur des Aires marines communautaires protégées (AMCMP).

"La réalisation d'infrastructures pourrait, à long terme, entraver le développement socio-économique du Sénégal, si elle ne prend pas suffisamment en compte la conservation des écosystèmes naturels du pays", a-t-il dit.

"Il ne faudrait pas que des investissements viennent porter atteinte aux efforts de conservation de la nature et des intérêts de toute la population", a-t-il ajouté lors d'une visite de terrains initié dans le cadre d'un atelier sur : "La réduction des impacts des infrastructures sur les écosystèmes côtiers : Enjeux et défis au Sénégal".

Selon le colonel Ndiaye, cette visite de terrain vise, entre autres, à montrer aux participants à cet atelier et aux parlementaires et élus locaux les difficultés auxquelles l'écosystème est confronté en général à partir de l'amont suivant le bassin versant jusqu'à l'embouchure.

"L'une des difficultés concerne la perturbation et autres dysfonctionnements qu'il y a au niveau de l'écoulement des eaux douces et des eaux de pluies, qui est due à l'exploitation des carrières, à des installations et aménagements privés faits à travers aux micro-barrages à des fins agricoles, qui sont installés un peu partout, tout au long des cours d'eau", a-t-il souligné, ajoutant qu'il se pose un autre problème au niveau de l'embouchure, notamment l'érosion côtière.

"Le suivi mensuel que nous effectuons d'année en année sur les oiseaux montre une diversité spécifique qui tourne autour de soixante espèces, avec des oiseaux migrateurs qui, pendant la période froide, quittent l'Europe pour venir s'installer au niveau des côtes ouest-africaines où elles peuvent rester quelques temps avant de continuer leur périple en fonction du climat pour migrer vers l'Afrique du Sud ou le Canada", a expliqué le directeur des AMCP.

Pour sa part, Masse Lô de GAIA, rappelle l'importance de la conservation de la biodiversité pour les populations, qui organisées en associations, en font leur fonds de commerce à travers des activités génératrices de revenus, mais cette même organisation n'est pas souvent représentée au niveau des décideurs comme les collectivités locales et autres.

"C'est pourquoi, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), à travers son programme Appel, et GAIA, se sont mis ensemble pour informer et sensibiliser les populations, les parlementaires et autres élus locaux à s'intéresser sur les questions environnementales, afin de favoriser un dialogue politique entre les parlementaires, les élus locaux, les populations et autres acteurs", a-t-il expliqué.

De son côté, le chargé de programmes à l'UICN, El Hadji Balla Sèye, a indiqué que leur objectif, c'est de "renforcer" la prise de conscience des parlementaires sur les enjeux de l'environnement et de la conservation des écosystèmes, puisqu'ils jouent "un rôle fondamental" dans la définition des politiques publiques et sont dépositaires de la légitimité populaire.

Représentant le réseau des parlementaires sénégalais pour la protection de l'environnement, le député Aboubacar Ngaïdé, a promis de faire la restitution de ce qu'il a pu constater à travers cette visite au niveau de son réseau et, de façon plus large, à tous les membres de l'Assemblée nationale.

"Nous voulons évaluer les impacts négatifs des infrastructures et autres installations sur l'environnement afin que des solutions institutionnelles soient trouvées", a assuré le député.

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