6 Décembre 2018

Angola: Joao Lourenço reçoit en tête-à-tête l'un des pourfendeurs du régime

Le président Joao Lourenço a reçu mercredi matin 5 décembre une figure emblématique de la société civile angolaise. Le chef de l'État s'est entretenu avec Rafael Marques, un journaliste et militant des droits de l'homme, la bête noire de l'ancien président Dos Santos.

C'est une visite qui aurait été inimaginable sous le président Dos Santos. Rafael Marques, qui n'a de cesse de dénoncer la corruption des élites, a été reçu au palais présidentiel par le nouveau locataire, Joao Lourenço.

Rafael Marques, qui a reçu plus de prix et distinctions que de condamnations et de peines de prison, en a profité pour parler corruption. Il n'a pas hésité à parler des sommes colossales que des Angolais ont investies dans l'immobilier, les médias et les vignobles, au Portugal.

C'est du moins ce qu'il a confié aux confrères à sa sortie de l'entretien avec le président Lourenço : « Nous savons que le Portugal a déjà dit que son économie pourrait être déséquilibrée si les fonds angolais devaient être rapatriés. Il faut maintenant penser à rééquilibrer notre économie à nous, même si notre argent est immobilisé à l'étranger. »

L'Angola est, certes, selon Transparency International, l'un des pays les plus corrompus au monde. Mais l'OCDE estime que le Portugal ne fait pas grand-chose pour empêcher le blanchiment de l'argent sale sur son sol.

Depuis le début des années 2000, des Angolais ont investi près de 200 milliards de dollars à l'étranger, notamment au Portugal, que certains investisseurs auraient surnommé « la machine à laver. » A Luanda, en partie grâce au militantisme de Rafael Marques, le sujet n'est plus tabou. Pas même au palais présidentiel.

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