6 Décembre 2018

Sénégal: Divergences autour des règles de l'organisation de la prochaine présidentielle du 24 février - Le parrainage en question !

Toujours dans cette rubrique consacrée aux points de divergences entre pouvoir et opposition autour de l'organisation de la prochaine élection présidentielle du 24 février prochain, Sud quotidien revient aujourd'hui sur un autre désaccord autour duquel le régime en place n'est pas parvenu à un consensus avec son opposition. Il s'agit du système de parrainage généralisé pour tous les candidats à tous types d'élections au Sénégal.

Une des grandes nouveautés de la prochaine élection présidentielle du 24 février prochain, le système général de parrainage pour tous les candidats à tous types d'élections au Sénégal a été introduit dans le dispositif du code électoral par la loi n°21/2018 portant révision du code électoral, adoptée le lundi 18 juin 2018 par 108 députés contre 14 et zéro abstention.

Aujourd'hui, en dépit de l'existence juridique formelle dans l'arsenal électoral que lui confère cette loi n°21/2018, le parrainage ne fait toujours pas l'unanimité au sein des acteurs politiques.

Proposé par le régime en place, cette loi adoptée lors d'une séance sans débat à l'Assemblée nationale continue d'être rejetée par les acteurs de l'opposition même si ces derniers au risque de voir leur candidature rejetée par le Conseil constitutionnel, faute de parrains, ont été tous obligés de se lancer dans la campagne de collecte des signatures aux côtés des partisans du président sortant.

Le pouvoir justifie cette loi par un souci de rationaliser les candidatures à la prochaine élection, les dépenses liées à l'organisation de la présidentielle et de réduire le temps de vote pour, dit-il, éviter ce qui s'est arrivé lors des élections législatives du 30 juillet 2017.

En effet, lors de ce scrutin, on avait enregistré près de 47 listes en compétition au point que le Conseil constitutionnel décidait, sans passer par l'Assemblée nationale, de modifier le système de vote en permettant à tout électeur qui le désire, une fois dans son bureau de vote, de choisir, au moins cinq listes sur les 47 en compétition.

Estimant que sur les 47 listes qui avaient pris part à cette élection, seules 14 ont pu obtenu un nombre de voix requis pour être représentées à l'Assemblée nationale, le régime en place estimait donc que le parrainage permettrait de filtrer les candidatures fantaisistes. Faux, rétorque l'opposition.

Réunis au début au sein d'une nouvelle plateforme, dénommée Front démocratique et social de résistance nationale contre les manipulations constitutionnelles et électorales au Sénégal, des responsables de partis de l'opposition avaient exclu toute négociation avec le pouvoir en place et appelé le peuple à la mobilisation devant l'Assemblée nationale le 19 avril 2018, jour prévu pour l'adoption de ce texte.

En effet, selon eux, le pouvoir cherche à travers le parrainage, à « éliminer une partie des candidats, connaitre la force et les faiblesses des candidats et disposer du listing qui leur permettra d'aller recruter les parrains d'un candidat » de l'opposition afin de créer à son candidat, le président Macky Sall, un chemin devant lui permettre de passer dès le premier tour au soir du 24 février.

Et pour faire face à cette situation qu'ils n'ont pas manqué de qualifier forfaiture, ils ont sur le plan politique organisé plusieurs marches de protestations suivies d'arrestations des leaders. Au plan judiciaire, le Conseil constitutionnel ainsi que la Cour suprême sont officiellement saisis de recours qui ont été finalement tous rejetés.

En réaction, l'opposition charge les juges membres de ces juridictions d'être à la solde du pouvoir en place. Aujourd'hui, à quelques jours de la date du 24 février prochain et malgré la campagne en cours de collecte des signatures dans le cadre de ce parrainage, des voix au sein de cette opposition continuent de s'élever pour dénoncer la rupture d'égalité dans le traitement des candidats à la prochaine présidentielle actée par la loi sur le parrainage.

Sénégal

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