6 Décembre 2018

Congo-Kinshasa: L'ex-chef de guerre Ntabo Ntaberi Sheka devant les juges

Le procès très attendu de l'ancien chef milicien « Sheka » en République démocratique du Congo (RDC) s'est ouvert ce jeudi 6 décembre à Goma. Longtemps recherché, cet ex-chef de milice a semé la terreur dans le Nord-Kivu jusqu'à ce qu'il décide de se rendre en juillet 2017. Ntabo Ntaberi Sheka, 42 ans, est aujourd'hui poursuivi pour crime de guerre et crime contre l'humanité devant la cour militaire du Nord-Kivu. Il est notamment accusé d'avoir commis des viols de masse en 2010.

L'ex-milicien « Sheka » est devant les juges aujourd'hui pour une série d'attaques commises entre 2010 et 2014 contre des civils dans les territoires du Walikale et du Massisi dans le Nord-Kivu. Des assauts d'une violence rare.

Selon une enquête des Nations unies, entre le 30 juillet et le 2 août 2010, les hommes de « Sheka » et deux autres groupes armés auraient violé au moins 387 civils, des femmes, mais aussi des hommes et des enfants dans au moins 13 villages le long de la route entre les localités de Kibua et de Mpofi, dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu.

Une longue liste de crimes

En janvier 2011, les autorités congolaises émettent un mandat d'arrêt contre lui mais celui qui dirige alors la milice « Nduma Defense of Congo » continue de semer la terreur avec des assassinats ciblés de dizaines de civils, en 2013 notamment. Beaucoup d'entre eux sont tués à la machette, adultes comme enfants. Les hommes de « Sheka » paradent ensuite en ville, des morceaux de corps brandis sur des bâtons. D'autres viols sont commis et des dizaines d'enfants recrutés de force.

Mais « Sheka » ne s'est pas arrêté là. Des dizaines de civils exécutés, des retournements d'alliances, il était soupçonné d'avoir travaillé pour le Congo, le Rwanda et même le M23. La liste des crimes commis est longue et le procès est crucial pour montrer la volonté de l'Etat congolais de lutter contre l'impunité.

Deux accusés sur huit

« Sheka » n'est d'ailleurs pas le seul accusé à comparaître devant la cour militaire. Il y a aussi Séraphin Nzitonda surnommé « Lionceau », un ex-chef du groupe rebelle hutu rwandais des FDLR, allié de la milice de Sheka en 2010.

Mais huit ans après les faits, seules deux personnes sur les huit accusés de ces viols de masse en 2010 sont jugées, regrettent certains défenseurs des droits de l'homme. Deux sont morts, quatre autres - dont des déserteurs de l'armée congolaise - sont toujours en fuite.

Autre regret des défenseurs des droits de l'homme : le fait que ce procès se tienne devant une cour militaire. Les prévenus sont donc privés de la possibilité d'interjeter un appel. Un droit pourtant garanti par la Constitution congolaise.

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