6 Décembre 2018

Sénégal: Orientation des étudiants dans le privé - Le SUDES préconise un appel d'offre public

Le syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal, section Enseignement supérieur et Recherche (Sudes/Esr) estime que l'orientation des étudiants doit faire l'objet d'un appel d'offre public. «C'est un marché public ; les mécanismes en vigueur pour attribuer les fonds publics ont-ils été respectés», explique Oumar Dia, secrétaire général.

Rarement dans l'histoire du Sénégal, année universitaire aura débuté sous de si mauvais auspices. En parlant ainsi, hier, mercredi 5 décembre, le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal, section Enseignement supérieur et Recherche (Sudes/Esr) donne de facto son analyse sur la situation universitaire.

«L'enseignement supérieur se débat donc actuellement dans un chaos total, avec à son sommet des gens qui se décernent régulièrement des satisfécits et se congratulent d'illusoires améliorations quand ils ne falsifient pas les données pour se faire bien voir de l'opinion», déplore d'emblée Oumar Dia, le secrétaire général.

Le premier facteur évoqué par le Sudes, sur les menaces qui pèsent sur l'Enseignement supérieur, est le non-respect des engagements de l'Etat. «Il semble également incapable de respecter sa propre planification, proclamée devant les Sénégalais», dixit le syndicat.

Quel que soit le domaine pris en considération, le gouvernement a déstructuré l'existant, mais s'est avéré incapable de mettre en place une option de remplacement viable. Sur le deuxième point relatif à la retraite inclusive, le Sudes relève qu'aucune disposition n'est effective pour améliorer les pensions.

En ce qui concerne les milliers d'étudiants orientés dans le privé, qui se retrouvent dans la rue à cause d'arriérés de paiement, le Sudes s'interroge sur les modalités d'attribution de ce qui est de facto un marché public. Les mécanismes en vigueur pour attribuer les fonds publics ont-ils été respectés ?

Selon Oumar Dia, «l'orientation des étudiants dans le privé doit faire l'objet d'un appel d'offre public». Par la faute du gouvernement, soutient le Sudes, «des milliers d'étudiants ont déserté certains campus parce qu'ils ne pouvaient plus se restaurer dans les restaurants universitaires déficitaires à cause de l'incurie de l'État».

Dénonçant le déficit important d'enseignants-chercheurs et de chercheurs dans les universités publiques, le Sudes revient sur le manque d'infrastructures et fustige le retard des chantiers universitaires, notamment des Universités Amadou Makhtar Mbow et du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niasse et l'extension de l'Université Gaston Berger à Guéoul et de l'Université Assane Seck de Ziguinchor à Kolda.

Selon Oumar Dia, «ces infrastructures tardent tous à aboutir depuis cinq ans. Pendant la même période, le gouvernement a pu entamer et terminer le CCIAD (80 milliards), l'Arena stadium (50 milliards), l'Arène de lutte de Pikine (80 milliards)».

Le Sudes/Esr invite le gouvernement à s'acquitter sérieusement de ses obligations envers la jeunesse sénégalaise en assurant effectivement le service public de l'éducation. Non sans l'enjoindre «d'accélérer les constructions d'infrastructures universitaires et de mettre un terme à l'orientation des bacheliers dans le privé».

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