Burundi: Le pays exige le départ du bureau onusien des droits de l'homme

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet.
6 Décembre 2018

Bujumbura avait déjà suspendu toute collaboration avec le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme depuis octobre 2016. Cette fois, le gouvernement burundais a demandé la fermeture de son bureau.

Une note verbale "qui demande la fermeture" a été remise mercredi au coordinateur résident de l'ONU au Burundi, Garry Conille, afin qu'il la transmette à Genève à la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, selon les informations d'un haut cadre du ministère des Affaires étrangères fournies à l'AFP.

"Tout le personnel international doit être redéployé immédiatement, et l'Office a deux mois pour faire ses valises et fermer définitivement ses portes", a ajouté cette source, sous couvert de l'anonymat.

Le pouvoir burundais durcit le ton

Une source au sein des l'ONU a confirmé cette information, ajoutant que "le gouvernement burundais se radicalise de plus en plus et continue sa défiance vis-à-vis de la communauté internationale".

Depuis octobre 2016, l'Office du Haut Commissaire à Bujumbura travaillait déjà au ralenti.

Le gouvernement avait alors décidé de suspendre sa collaboration avec ce bureau et de résilier l'accord régissant ses activités, l'accusant de "complicité" dans la rédaction d'un rapport de l'ONU imputant au pouvoir burundais des "violations graves" des droits de l'homme et mettant en garde contre de possibles "crimes contre l'humanité".

"Après le boycott de la cinquième session du dialogue interburundais (fin octobre, ndlr) et du sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique d'Afrique de l'Est dans la foulée, il s'en prend aux Nations unies cette fois", a ajouté la source onusienne, rappelant que le sommet des chefs d'Etat, reporté en raison du boycott de Bujumbura, devait notamment traiter de la crise burundaise.

L'opposition inquiète

Interrogé à ce sujet, l'opposant burundais Charles Ndjitije regrette cette décision. Selon lui, les proches du pouvoir burundais ont "peur d'être jugés et d'êtres traduits devant les tribunaux internationaux".

A en croire ce membre du Cnared, la plate-forme regroupant l'opposition en exil, l'intention de Bujumbura est de commettre d'autres crimes "loin de tout regard qui pourrait alerter l'opinion internationale".

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