7 Décembre 2018

Tunisie: Un ciné-concert transcendant

L'équipe a opté pour la projection d'un classique allemand muet des années 20, «Faust, une légende allemande», de Friedrich Wilhelm Murnau, qui a vu le jour plus précisément en 1926.

Le film, d'une durée de deux heures, n'allait pas être imposé à des spectateurs pas vraiment habitués à un genre cinématographique aussi ancien. Le Goethe, en collaboration avec le CinéMad'Art, a fait appel au musicien tunisien Omar Aloulou qui a accompagné la projection de «Faust» grâce à sa composition originale. Musique et film muet ont fusionné pendant deux heures : l'expérience visuelle et forcément sonore fut transcendante, hypnotisante, intense. Du baume pour les yeux et les oreilles.

«Faust», un drame fantaisiste allemand d'1h56, a été projeté à 20h00 en sous-titrage anglais. Il plonge le spectateur dans un univers lugubre, broyé par la peste, les maladies, la guerre et font la connaissance du mégalomane Méphisto, qui pense que la terre lui appartient et qu'il pourra régner en maître du monde. L'archange Gabriel désigne le savant Faust comme étant un homme qui sortira la planète de l'emprise du Mal.

Commence alors une lutte entre le Bien et le Mal, grâce à des plans, qui défilent rapidement, et des sous-titres en anglais qui permettent au public de saisir les codes, les non-dits de ce long-métrage muet, et pas évident à saisir. Le film n'est pas tout public. Grâce à la musique de Omar Aloulou, la concentration a plané et l'intérêt grandissant pour ce film également. Dans l'enceinte de la salle qui était pourtant comble, pas un geste, pas un bruit n'a été senti.

Un public qui s'est laissé emporter par la musique et par la puissance des images et des répliques, pleines de sens véhiculés par le film. Omar Aloulou s'adonne à de la musique électronique : il est compositeur tunisien de musique de films aussi. Il a créé la B.O. de jeux vidéo, travaillé pour diverses plateformes web et des installations vidéo. Pourtant, il a commencé à faire de la musique très jeune, en étant bassiste et à faire du rock psychédélique.

Il s'est imposé sur la scène musicale et culturelle en composant la B.O. du film «Nhebbek Hedi» de Mohamed Ben Attia, suivie de celle de «Fleurs d'Alep» de Ridha Behi en 2016. Plus récemment, en 2017 et 2018, il a signé successivement la musique de «Black Mamba» de Amel Guellaty, «Benzine» de Sarah Abidi, «La voie Normale» de Erige Shiri et «Weldi» de Mohamed Ben Attia.

La séance, ouverte au public et gratuite, tout comme tout le festival d'ailleurs, a été suivie par un cocktail de clôture organisé dans l'enceinte de Cinémad'Art, qui a également organisé l'ouverture de l'événement. La projection suivante a eu lieu à Gammarth au «Wax», un lieu festif très prisé par les jeunes. Cinéma Amilcar a dirigé les rênes d'une séance le 27 novembre 2018, et une autre à «La Maison de l'image» le 29 novembre 2018. Entretemps, un hommage a été rendu à Robby Muller. Le théâtre de poche du Kef a abrité une projection le 29 novembre également, ainsi que le centre culturel et touristique de Djerba.

Le Goethe Institut de Tunis a enchaîné successivement avec un autre festival «Tashwish». Nous y reviendrons.

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