7 Décembre 2018

Cote d'Ivoire: 25 ans !

éditorial

Il y a cinq ans, nous commémorions les 20 ans de la disparition d'Houphouët-Boigny, le premier président de notre pays, celui que l'on appelle le père de la nation, lorsque Nelson Mandela partit à son tour au pays des ancêtres.

Le groupe Fraternité Matin avait à cette occasion organisé une grande exposition de photos sur Houphouët-Boigny à la Fondation qui porte son nom à Yamoussoukro.

Le Chef de l'Etat, Alassane Ouattara, qui se trouvait alors à Paris pour participer à une conférence internationale sur la sécurité en Afrique, était venu spécialement pour cet hommage au « père fondateur ».

C'est donc de Yamoussoukro qu'il partit en Afrique du Sud pour participer à l'hommage qui était rendu au « père de la nation arc-en-ciel. »

Il y a trois ans, à peu près à cette même période, je me trouvai en Afrique du Sud à l'occasion du sommet Chine-Afrique. J'ai déjà raconté à quel point je fus fasciné par le nombre de musées et de monuments construits pour rendre hommage à Mandela et conserver sa mémoire.

Certains de ces monuments sont de véritables œuvres d'art qui attirent des milliers de visiteurs. De même, la maison de Mandela à Soweto fait partie du circuit obligé pour tout visiteur de l'Afrique du Sud.

Oui, les Sud-africains, Blancs, Noirs, Indiens, Métis ou de n'importe quelle autre couleur, ont aimé leur Mandela. Je ne peux m'empêcher de mettre en parallèle ce que nous Ivoiriens avons fait pour notre Houphouët-Boigny. Et je ne peux m'empêcher de me demander si nous avons vraiment aimé Houphouët-Boigny.

Nous n'avons pas pu lui construire un musée ou transformer un de ses domiciles en musée. Nous n'avons pas pu lui construire un quelconque monument, aucune statue.

Même à Yamoussoukro, nous n'avons pas pu planter une petite pancarte à l'entrée de la ville pour indiquer qu'il s'agit du village natal du premier président de notre pays, celui que nous appelons le « père de notre nation ».

Nous n'avons pas pu non plus planter une autre pancarte devant son domicile pour indiquer ce qu'il est, et surtout que c'est là qu'il a été enterré.

Dans quel état se trouvent son village natal de Yamoussoukro, la fondation qu'il a créée pour la recherche de la paix, sa basilique, son lycée scientifique, ses grandes écoles... ?

En Afrique, nous disons que les morts ne sont jamais morts. Sachons que nous ne sommes pas les seuls à le dire et à le penser.

Les grandes religions, qu'elles soient monothéistes ou non pensent aussi qu'il y a une âme qui ne meurt pas et qui mène une autre vie après celle que nous menons ici sur terre. Cette âme-là peut agir sur la vie ici-bas.

C'est la raison pour laquelle dans nos religions traditionnelles africaines, tout comme dans celles que je qualifierais de modernes, nous rendons des cultes aux ancêtres. C'est la forme qui diffère.

Au moment de la commémoration des 25 ans de la mort d'Houphouët-Boigny, ses « enfants politiques » sont divisés et ne veulent plus se parler, sans que personne puisse expliquer rationnellement les causes de cette montée d'adrénaline. Je soutiens, moi, que c'est Houphouët-Boigny qui est fâché contre ses enfants qui l'ont abandonné.

N'est-ce pas dans sa maison et sur sa tombe qu'ils ont fait le serment en 2010 de rester toujours ensemble et de travailler la main dans la main pour le bonheur des Ivoiriens ? Et depuis 25 ans, il constate qu'aucun de ses enfants n'a pu lui rendre l'hommage qu'il mérite. Ni même entretenir ce qu'il a laissé.

Aujourd'hui, nous irons nous recueillir sur sa tombe. En rangs dispersés. Espérons que nous ne nous y battrons pas.

Espérons que devant sa tombe, chacun entre en lui-même, se remémore les enseignements de la vie de Félix Houphouët-Boigny, pense à ces deux mots qui ont été au cœur de toute son action politique, à savoir le dialogue et la paix, et que nous ayons le courage de nous tendre à nouveau la main et surtout de la saisir.

Cote d'Ivoire

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