7 Décembre 2018

Cameroun: Marie-Philomène Nga, actrice - « Au cinéma, je considère que je porte mon Cameroun en moi »

interview

Vous êtes la marraine et la présidente du jury de la 5e édition du festival Yarha organisé récemment à Yaoundé. Quelles raisons vousont conduite à enfiler ces casquettes?

C'est la première fois qu'on me sollicite professionnellement pour venir sur ma terre natale, le pays de mes ancêtres.Je vais partout, en Afrique de l'Ouest particulièrement, pour des événements artistiques et cinématographiques en particulier. Et ensuite je suis venue, parce que c'est une femme qui m'a sollicitée.

Nous nous étions croisées au festival de Cannes en février dernier, alors que je me trouvais là avec d'autres actrices, coauteures du manifeste « Noire n'est pas mon métier ».

Nous avons échangé. C'est une femme commemoi, une femme entrepreneure en plus, et je crois que le monde tel qu'il est aujourd'hui a seulement été conçu par des hommes.

Et selon moi, si les femmes prenaient les choses en main avec la contribution des hommes, peut-être nous pourrions changer la dynamique du monde pour les jeunes générations.

Ce séjour au Cameroun a-t-il inspiré des projets professionnels liés à votre pays natal ?

Dans toutes mes activités artistiques, je considère que je porte mon Cameroun en moi. Ici ou ailleurs, je resteune véritable ambassadrice de la culturecamerounaise.

Pour ma part, depuis toutes ces années où j'ai fait letour du monde, en passant notammentpar l'Inde où je suis parallèlementchanteuse, je représente mon Afrique, et surtout mon Cameroun.

Je l'ai fait au premier festival de CaféThéâtre de la Francophonie à Ivry ily a quelques années. Je n'ai pas vraiment besoin d'attendre d'être au Camerounpour effectuer des activités qui me rappellent que j'ai mes racinesici.

Je constate cependant qu'il y a une grande émulation au Cameroun ,beaucoup de créativité, même si elle n'est pas toujours soutenue.

Je serai ravie d'y apporter ma contribution. Au Festival de Cannes 2018, vous avez présenté l'ouvrage « Noire n'est pas mon métier » qui dénonce les discriminations contre les femmes noires dans le cinéma français.

Quelle portée a eu ce projet ?

Je tiens d'abord à dire que les 16 actrices Je tiens d'abord à dire que les 16 actrices noires de toutes générations qui ont participé à la rédaction de cet ouvrage ne sont pas les premières à livrer ce combat. Des acteurs et des actrices noirs nous ont précédées dans cette oeuvre il y a très longtemps.

La parole se libère aujourd'hui, mais il est important de souligner l'action de personnes comme Lydia Ewande qui s'en est allée il y a deux ans. Cette actrice d'origine camerounaise a fait un long parcours et a excellé dans le cinéma français, au point d'être la seule Noire à avoir remporté le prix Cocteau.

Mais elle a eu les problèmes que nous rencontrons aujourd'hui, tout comme nos consoeurs des Antilles à l'instar de Jenny Alpha, ou encore Darling Légitimus et Toto Bissainthe, les premières dans les années 50 à interpréter la pièce de Jean Genet, « Les nègres ».

A l'époque,13 Noirs se sont mis ensemble pour dénoncer le traitement infligé par les Blancs aux Noirs. Notre ouvrage est donc un collectif de visions individuelles, mais il n'est pas le premier manifeste dans ce sens. Nous sommes des porte-paroles.

Nous sommes des acteurs, mais nous dénonçons les injustices dans tous les domaines. Il y a quelque chose de grand derrière ce mouvement. Je suis l'unique dans mon engagement qui est une franco camerounaise,et moi je me bats pour mon Afrique.

Cameroun

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