Ile Maurice: Rencontre - Michael Allan décroche un master à 79 ans

7 Décembre 2018

Une cérémonie de remise de diplôme juste pour lui tout seul. Avec les éloges du Pro-Chancellor de l'université de Maurice, Dhanjay Jhurry, et ceux de Ian Ernest, évêque de Maurice. Sans oublier l'estime de l'historienne Vijaya Teelock. C'est ce à quoi a eu droit Michael Allan. Mardi 4 décembre dernier, l'université de Maurice a honoré son «most senior student». À 79 ans, Michael Allan a obtenu un MA Historical Studies (by research).

Michael Allan a suivi à distance le cursus, car il vit «juste en dehors de Cambridge», en Angleterre. Il communiquait avec ses profs par Skype. Son mémoire a pour thème la vie et l'oeuvre du missionnaire Jean Lebrun. Quand il tombe sur le journal de ce dernier, Mémoires journalières du 2 juillet au 10 décembre 1816, l'étudiant a comme une révélation. Un détail le frappe.

En 1816, Jean Lebrun célèbre une messe dans une chapelle située rue de la Harpe à Port-Louis. Connue aujourd'hui comme la rue David, elle se situe à Chinatown.

«J'ai relu ce nom de rue plusieurs fois», raconte avec enthousiasme Michael Allan. «Je n'en croyais pas mes yeux. À la même époque, mon arrière-arrière-grand-père, qui était chief clerk au Trésor, vivait rue de la Harpe. Jean Lebrun s'est plusieurs fois rendu rue de la Harpe pour des raisons financières. Les deux hommes devaient certainement se connaître.»

Dès lors, ce lien familial avec Jean Lebrun pousse Michael Allan à poursuivre des recherches sur l'envoyé de la London Missionary Society. Il s'intéresse à la première église protestante à Maurice, qui est à Piton. Ainsi qu'aux premiers plans de la cathédrale Saint James, installée dans une ancienne poudrière.

La passion de Michael Allan pour l'Histoire, c'est à l'âge de la retraite qu'il lui donne libre cours. Pourquoi être redevenu un étudiant ? «J'ai été enseignant, je crois dans l'éducation. C'est la chose la plus importante dans la vie.» Michael Allan affirme avoir enseigné pendant 30 ans à Cambridge. Pianiste et chef d'orchestre, il s'est produit à Maurice, en France, en Angleterre, à Gibraltar, dit-il.

Né à Rose-Hill, il fréquente l'école primaire Notre Dame du Bon Secours, puis le Collège Saint Joseph. Il se souvient que son premier professeur de musique est «une demoiselle Domingue ; plus tard, son frère est devenu le chef de l'orchestre de la police». «En 1958, j'étais répétiteur avec une troupe théâtrale française de passage à Maurice.»

Il quitte Maurice en 1960 pour des études dans le domaine musical. Michael Allan est engagé au sein de l'orchestre des Royal Fusiliers. Après l'armée, il complète une formation de professeur de musique à l'université de Londres. Avant de se spécialiser dans l'enseignement du piano et les opera studies.

En 1988, Michael Allan est revenu au pays natal pour diriger l'opéra Carmen de Bizet au théâtre du Plaza. Compte-t-il désormais se lancer dans un doctorat ? Il confie avoir commencé. «Mais dans cinq ans, j'aurais quel âge ?»

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