8 Décembre 2018

Madagascar: Affaire Mbola Rajaonah - Acharnement interminable, la neutralité du BIANCO remise en question

Le BIANCO ne respecte pas les procédures dans l'affaire Mbola Rajaonah, selon Me Eric Rafidison.

Une violation grave du droit de la défense est dénoncée par Me Eric Rafidison, avocat de Mbola Joseph Rajaonah. Celui-ci a présenté, hier, des éléments indiquant une forte probabilité d'existence d'un complot de haut niveau, contre le fondateur de « Tafaray ».

Convocations harcelantes, fuites d'informations, excès de pouvoir, non-respect du droit de la défense... autant de motifs sont évoqués par l'avocat de Mbola Rajaonah, pour avancer une suspicion de complot de haut niveau contre l'opérateur économique, plus connu sous le nom de « Mbola Tafaray ». Tout a commencé le 13 novembre, au moment où l'on comprenait que le second tour de l'élection présidentielle était inévitable. « Le Ministère de l'Intérieur a décidé l'Interdiction de Sortie du Territoire (IST) à l'endroit de Mbola Rajaonah, cette date du 13 novembre. Étonnamment, avant même que la Police Nationale et la Gendarmerie Nationale ne soient notifiées, une version scannée de la lettre de décision de cette fameuse IST circulait déjà sur les réseaux sociaux ; et était matraquée sur les chaînes Viva Radio et Viva Télé », a affirmé Me Eric Rafidison, lors d'une conférence de presse organisée hier à Antaninarenina. Le 14 novembre, cet avocat a émis une requête d'annulation et de sursis à exécution auprès du Conseil d'Etat, qui a décidé de trancher sur le sujet, le 16 novembre à 9h.

Acharnement. En parallèle, le BIANCO (Bureau indépendant anti-corruption) a également convoqué Mbola Rajaonah, précisément, le 16 novembre à 9h, comme par hasard. « Nous avons demandé un report auprès du BIANCO. Celui-ci a accepté de reporter la convocation le 19 novembre, mais instantanément, les spéculations et les intox proliféraient sur les réseaux sociaux. A croire que certains journalistes et certains 'Facebooker' traitaient le dossier avec le BIANCO et étaient informés en temps réel », a indiqué le Me Eric Rafidison. Outre cette fuite d'information, le BIANCO a également dépassé la limite de ses attributions, selon l'avocat de la défense. « La Délégation judiciaire ne mentionnait aucunement que le BIANCO pouvait demander une décision d'IST. La décision était basée sur la demande référencée 496-18/Bianco/DGIS émise le 17 septembre 2018. Reçue le 13 novembre, soit presque deux mois après, le Ministère de l'Intérieur a sorti la décision en quelques minutes. En ce qui concerne l'enquête, la loi précise que la Police judiciaire ne peut enquêter le prévenu, dans ce cas-ci. Mais nous avons accepté de répondre à l'enquêteur du BIANCO, même si les procédures n'étaient pas légales, car mon client n'a rien à cacher ni à se reprocher. Le lendemain, 20 novembre, Mbola Rajaonah était de nouveau convoqué pour répondre à d'autres questions. Le 22 novembre, nous savons tous que les maisons de mon client ont été perquisitionnées, suivant ordre du procureur du Pôle anti-corruption. Une autre convocation a été fixée le 23 novembre et reportée le 28 novembre. Ce n'était pas pour une enquête, mais pour l'ouverture de deux coffres scellés, où le BIANCO n'a constaté que quelques bijoux et une somme de 7 millions d'ariary », a informé Me Eric Rafidison.

Suspect. A noter qu'un second dossier est apparu le 22 novembre. Une autre accusation frappe Mbola Rajaonah. D'après son avocat, le BIANCO a refusé, jusqu'à aujourd'hui, de lui donner accès à ce second dossier, ce qui constitue, selon ses dires, une violation grave du droit de la défense. « Nous pensons qu'il n'y a qu'un seul dossier, mais on l'a subdivisé en deux pour mieux importuner mon client », a-t-il noté. En effet, le prévenu est de nouveau convoqué le 12 décembre. D'après les informations, Mbola Rajaonah, déjà à la disposition permanente du BIANCO, avait demandé d'avancer cette date pour en finir au plus vite, mais le BIANCO a refusé. D'après des indiscrétions, il faut attendre le retour du DG du BIANCO, en mission à l'extérieur jusqu'au 11 décembre, avant de pouvoir poursuivre l'enquête. Cette affaire a-t-elle des dessous politiques ? Pour l'opinion, la question ne devrait même pas se poser.

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