Cameroun: Le TCS fait-il du deux poids, deux mesures ?

8 Décembre 2018

Dès l'ouverture de son jugement, Achille Zogo Andela, avait refusé de décliner son identité disant n'avoir jamais été soumis à une instruction judiciaire «effective et régulière», comm e l'exige la loi en matière criminelle, ni confronté aux témoins à charge devant le juge d'instruction. Il considérait de ce fait la procédure comme une «parodie de procès» et refusait de donner sa caution à la «mascarade judiciaire».

Dans sa plainte déposée le 16 octobre 2017 au TCS, Zogo Andela indique que le processus judiciaire dont il est lui-même l'objet a été intentionnellement faussé (il accuse d'ailleurs certains magistrats de falsification de documents) dans l'unique dessein de protéger ceux qui auraient dû répondre, en partie, des faits qu'on lui reproche. Il indexe principalement, entre autres, Dieudonné Evou Mekou, l'ancien directeur général (DG) de la Caisse Autonome d'Amortissement (CAA), très proche parent de Paul Biya.

M. Zogo Andela explique dans sa plainte que la résiliation du contrat de location liant la Sclm à l'Etat du Cameroun s'est faite en 2003 «sans état des lieux et sans aucune reddition des comptes». Il dit n'avoir exploité les navires que pendant moins de trois ans, et de ce fait, ne saurait répondre du reste des loyers. Il affirme que certaines personnalités qui ont hérité de la gestion du dossier des 20 bateaux après la résiliation du contrat ont détourné à leur profit le produit de l'exploitation des navires en question, et vendu certains dans le marché noir. L'information claire et nette. Il a joint à sa plainte une tonne de documents accablants les personnes dénoncées. La plainte est en veilleuse au TCS.

Le Comité des droits de l'homme des Nations Unis avait considéré dans une décision rendue en 2017 que la détention d'Achille Zogo Andela depuis 2008 est arbitraire à cause de la violation de plusieurs règles de la procédure engagée à son encontre. Il a condamné l'Etat du Cameroun, partie dans la procédure, à verser à l'homme d'affaires 70 milliards de francs à titre de dommages et intérêt et de le juger libre.

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