8 Décembre 2018

Tunisie: Privilégier l'effet anticipatif

- Primo : rien ne prouve que les chiffres publiés ça et là sont d'actualité et conformes à la réalité, étant donné que nous avons eu, jusque-là, la mauvaise habitude d'avoir affaire à des... balades de statistiques peu crédibles, donc difficilement convaincantes, parce que généralement ne touchant pas toutes les couches sociales et toutes les régions du pays. Et là, inutile de rappeler que des études effectuées par des organisations internationales sur moult phénomènes sévissant dans nos murs se sont avérées diamétralement opposées à celles menées par nos départements concernés.

- Secundo : si l'on concède par excès de... patriotisme, que les statistiques «à la tunisienne» sont fiables et sérieuses, il est malheureux de constater qu'elles laissent quasiment le verre à moitié vide. En effet, il est communément admis, de par le monde, que toute étude statistique qui se respecte ne se contente pas d'éventer des chiffres et de jongler avec les taux et les graphiques. Bien au contraire, elle va au-delà des révélations pour proposer des solutions concrètes et potentiellement applicables.

Droit au but

Or, en matière de lutte contre la criminalité, il a été toujours prouvé qu'il importe de privilégier l'action à la littérature, et l'offensive à l'arithmétique. C'est-à-dire aller droit au but, déblayer la piste, bref oser. Dans certains pays occidentaux, tels que la France, l'Espagne et surtout l'Italie, un seul cheval de bataille : l'effet anticipatif qui consiste à remonter les fiefs des gangs avant d'y lancer l'assaut final. Le même modus operandi, ADM (arme de destruction massive) par excellence, a également fait ses preuves en Amérique (USA, Mexique, Brésil, Argentine et surtout Bolivie) où de puissants cartels de trafic de drogue ont été réduits à néant après plusieurs décennies d'invincibilité. Chez nous, l'effet anticipatif n'est adopté que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. D'où se pose la question de savoir pourquoi il est ignoré, ou presque, dans la lutte contre la criminalité. C'est d'autant plus vrai qu'il est, hélas, coutumier de voir nos policiers arriver tardivement sur les lieux du drame et n'arrêter le coupable que plus tard, tandis que pour le travail d'investigation et de suivi des affaires d'insécurité, on met parfois des mois pour pouvoir identifier le présumé accusé et atteindre sa cache. Et si ce dernier est appréhendé et donc mis hors d'état de nuire, il faut toujours compter avec le risque de voir un ou plusieurs de ses complices réussir à prendre la fuite. Cela tout simplement parce que l'effet anticipatif a fait défaut.

Et pourtant, il n'y a pas photo : ce sont les quartiers populaires où cohabitent marginalité, pauvreté et chômage, qui abritent le plus grand nombre de foyers d'insécurité en Tunisie. Ce sont ces cités déprimées qui comptent la plus large frange de malfrats dans le pays. Ce sont également ces faubourgs-gourbis qui excellent le plus dans la formation de générations de délinquants, au point qu'ils en... exportent en Occident et ailleurs! C'est donc sur ces zones sensibles que la police doit axer et concentrer ses efforts. Et cela en y augmentant le nombre de postes et d'arrondissements, tout en y imposant une veille sans faille, 24 heures sur 24, à travers de fréquentes rafles. Autant de mesures préventives qu'on n'arrive pas encore, et c'est bizarre, à mettre en exécution. En attendant, vole, vole, la criminalité...

Tunisie

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