Tunisie: Jougar, un modèle à suivre

8 Décembre 2018

Aujourd'hui, le retour d'expérience a fait qu'une telle technique d'assainissement à moindre coût (74 mille dinars) mérite d'être généralisée. Son maître d'œuvre, M. Fadhel M'hiri, directeur de transfert et d'innovation technologique au Citet, l'a qualifié d'efficace. «Sans frais d'entretien, avec presque zéro consommation d'énergie, elle est moins coûteuse que tous les autres procédés d'épuration», juge-t-il.

Mais, son opérationnalité nécessite un savoir-faire prérequis et suffisamment d'espace. En tout cas, la cherté du terrain impacte sur ses frais d'exploitation. Etendue sur 5 mille m2, avec une capacité de traitement de 24 m3 par jour, la station de Jougar est implantée au beau milieu d'une pépinière dont les plantes servent de catalyseurs organiques des procédés d'épuration naturelle. Elle fonctionne à différentes phases : prétraitement basé sur décanteurs, digesteurs et déshuileurs des rejets domestiques, usage des bassins à écoulement vertical et horizontal opérationnels en vases communicants, le tout versant dans une «zone humide à plantes flottantes» où se concentre l'eau traitée avant d'être finalement dégagée.

Pour le gouverneur de la région, l'ouvrage est plus qu'intéressant en matière d'assainissement et d'écologie, dans la mesure où le besoin de raccorder 46 autres agglomérations rurales au réseau se fait de plus en plus sentir. Pourtant, il y a eu, comme initiative première, la station de Bent Saïdane, une unité de traitement des eaux usées par le procédé de réacteurs biologiques à biofilms. En mode mécanique assez compliqué, énergivore, elle a coûté près de 300 mille dinars. Soit quatre fois plus que celle de Jougar. Reste à dire que l'Onas, bien qu'existant depuis 1974, n'arrive pas encore à couvrir les zones les plus reculées du pays. La Cour des comptes l'avait, dans l'un de ses rapports annuels, accusé de mauvaise gestion et de prestation en deçà des attentes.

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