9 Décembre 2018

Togo: Les élèves tchadiens de l'EAMAU en colère

Un spectacle extraordinaire s'est produit vendredi matin à l'Ecole africaine des métiers de l'architecture et de l'urbanisme (EAMAU). Les étudiants ont accueilli désagréablement la délégation ministérielle tchadienne venue assister à la 36ème session du conseil des ministres du Conseil de l'Entente.

Avec les diverses banderoles, les 103 étudiants ont manifesté leur mécontentement suite aux arriérés de quatre ans de bourses.

« Trop c'est trop, 4 ans sans bourses à l'EAMAU, c'est du suicide », « ça suffit, 4 ans de promesses, c'est trop ; payez nos arriérés de bourses », « Tchad mon pays, comment 'est-ce possible avec 4 ans d'arriérés de bourses à l'extérieur, ça suffit ! », « libérez nos bourses, 4 ans de prison, ça suffit ! », « pas de bourses, moins de ressources pour aller loin »... sont quelques-uns des messages des étudiants à lire sur les banderoles vendredi.

« Nous sommes là pour revendiquer ce qui est de notre droit à savoir nos arriérés de bourses depuis bientôt 4 ans. On était en négociation avec le ministre mais pas de suite. Donc nous profitons de cette réunion du Conseil d'administration pour faire connaitre la situation à tout le monde.

Puisque c'est à cause de nous que le ministre sera à Lomé. On a atteint le seuil de souffrance c'est pourquoi on est sorti massivement pour montrer nos mécontentements », a déclaré Ezéchiel BIKA, président de l'association des étudiants tchadiens du Togo.

« Notre problème n'est pas qu'on revoie la bourse à la hausse, mais qu'on soit régulier avec le montant significatif qu'on nous a promis et on va s'arranger de s'adapter », a-t-il ajouté.

Selon les étudiants tchadiens, ils doivent bénéficier d'une bourse mensuelle significative de 50 000 francs Cfa contre une mensualité de 200 000 francs Cfa voire plus pour les étudiants des autres nationalités. 14 pas sont couverts par l'EAMAU dont le Togo qui abrite le siège.

Le cout de vie à Lomé n'est pas seulement cher aux Togolais. Ces étudiants tchadiens aussi en sentent le poids.

« La vie devient de plus en plus chère à Lomé. Mais, au nom de notre devise qui nous appelle à la solidarité, nous nous soutenons d'une manière ou d'une autre pour survivre.

Néanmoins, des camarades se sont même trouvés expulsés par leurs bailleurs. Et là-aussi, par solidarité on se retrouve des fois à trois ou quatre par pièce contre ce qui avait été convenue entre nous et nos bailleurs », a ajouté Ezéchiel BIKA.

Selon M. BIKA, il est lui-même étudiant en 5ème année, option urbanisme. « Mais, c'est une seule fois que j'ai perçu ma bourse en 2015 et depuis là plus rien. N'en parlons même pas pour les cadets ».

La voix des étudiants serait-elle tombée dans les plus grosses oreilles ? Dans le rapport général des travaux du Conseil des ministres, il a été demandé aux Etats membres de régulariser la situation de bourses et de frais de scolarité de leurs étudiants.

Togo

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