9 Décembre 2018

Afrique: Le Club Africain a-t-il retrouvé la santé ?

Premier club tunisien à remporter la Coupe d'Afrique des clubs champions (actuelle Ligue des champions), en 1991, le Club Africain sort de l'ombre. Sa victoire (3-1), mardi 4 décembre à Radès contre l'Armée Patriotique Rwandaise au tour préliminaire de la Ligue des champions (aller 0-0) lui permet d'enrayer une spirale négative et de nourrir l'espoir de renouer avec un passé glorieux.

Jusqu'au début des années 1990, le club de Bab Jedid faisait figure de club le plus titré du pays aussi bien à l'échelle nationale qu'internationale grâce notamment à sa série de trophées maghrébins. Par la suite, il allait être doublé par l'Espérance Sportive de Tunis, actuellement le club le plus titré (28 championnats et 15 Coupes de Tunisie) alors que le Club Africain compte 13 championnats et 13 Coupes de Tunisie.

Accablé par un déficit record, accentué par un chapelet de condamnations financières prononcées par les commissions spécialisées de la fédération internationale (FIFA) pour résiliation abusive de contrat de joueurs et d'entraîneurs, le club rouge et blanc encourt maintenant une sanction d'interdiction de recrutement dans deux sessions de mercato, soit la même condamnation dont a été victime il y a un an le Club Sportif Sfaxien.

De plus, côté direction, des luttes intestines remuent les braises en fouinant dans le parcours de l'ancien président Slim Riahi à la tête du club (2012-2017). L'homme d'affaires et figure politique se trouve aujourd'hui au coeur d'une polémique sur sa responsabilité dans le gouffre financier jamais atteint par le passé par un club du pays.

Onzième au classement avec 8 points (deux matches en moins), à 15 points du leader, l'Espérance, le club fondé en 1920 et qui s'apprête à fêter son centenaire n'a remporté que deux victoires depuis le début du championnat. Cette qualification au second tour préliminaire de la Ligue des champions Total 2018/2019 lui fait par conséquent le plus grand bien et permet un début de réconciliation avec son public.

Certes, la qualité du jeu ne décolle pas toujours, mais c'est déjà cela de gagné. L'entraîneur Chiheb Ellili, qui a succédé le 12 octobre dernier au Belge José Riga peine à trouver un onze cohérent et performant. Depuis le départ de l'attaquant numéro un, Sabeur Khelifa, la ligne avant ne fait plus le poids. Les nouvelles recrues, d'un niveau très moyen, le milieu défensif camerounais Ibrahim Mouchili, l'avant-centre ghanéen Derrick Sasraku, auteur du second but contre l'APR F, sa première réalisation cette saison, et le gardien de l'équipe de Tunisie Aymen Mathlouthi, dont les apparitions, pour une raison ou une autre se font rares, n'ont pas réussi à transformer le visage d'un ensemble pourtant très performant au cours de la deuxième moitié de la saison dernière.

Sous la houlette du technicien français Bertrand Marchand et d'un comité provisoire de gestion présidé par Marwane Hamoudia, il a terminé la saison sur les chapeaux de roues, décrochant la place de dauphin derrière le frère ennemi de la capitale, l'EST, ce qui lui permet aujourd'hui de revenir en Ligue des champions.

Mardi dernier, contre le champion du Rwanda, les meilleurs joueurs furent du reste les latéraux, l'Algérien Mokhtar Belkhither et Ali Abdi, très entreprenants sur le plan offensif. De véritables ailiers volants. Quant au milieu de terrain, il ne trouva son équilibre qu'à partir du moment où Mouchili fut remplacé par le vieux routier Wissem Ben Yahia. Car il faut avouer que les piliers de la ligne médiane, Ghazi Ayadi et Oussama Darragi parurent plutôt en demi-teinte.

Au Club Africain, le rythme, l'intensité, la fluidité et la maîtrise sont actuellement loin de valoir ceux que sait investir le rival éternel, l'Espérance de Tunis, champion d'Afrique en titre et qui prépare sa participation à la Coupe du monde des clubs. Et il lui faudra beaucoup de travail et des recrutements judicieux pour espérer rivaliser sur la scène continentale où il n'aura pas toujours des adversaires comme le club rwandais, courageux, certes, mais aux arguments techniques assez limités.

D'ailleurs, dès les seizièmes de finale de la Ligue des champions Total 2018/2019, le Club Africain sera confronté à l'épreuve du feu puisque son adversaire n'est autre que le redoutable et expérimenté Al Hilal d'Omdurman.

Match aller le samedi 15 décembre à Radès, le retour le dimanche 23 décembre à Oum Dormane.

On saura alors avec plus de certitudes si le champion d'Afrique 1991 a vraiment retrouvé la santé.

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