10 Décembre 2018

Congo-Kinshasa: Prix Nobel de la Paix - Denis Mukwege, mauvaise conscience de Kabila

analyse

Le gynécologue congolais, le docteur Denis Mukwege et l'activiste kurde Nadia Murad ont reçu officiellement hier, 10 décembre 2018 à Oslo en Norvège, leur prix Nobel de la paix. Occasion pour les deux heureux lauréats de faire passer des messages émouvants au monde entier.

Si Nadia Murad a dénoncé le silence de la Communauté international face au « génocide » contre sa communauté les Yézidis, docteur Denis Mukwege est revenu sur l'origine de sa colère, à savoir l'attaque contre son hôpital de Lemera en octobre 1996.

Attaque qu'il qualifie de premier crime contre l'humanité de la première guerre du Congo car, elle aura coûté la vie à des patients. Faut-il le rappeler, c'est pour l'ensemble de ses bonnes œuvres en faveur des femmes victimes de viol dans son pays que le prix Nobel lui a été octroyé. Quant au choix porté sur la personne de Denis Mukwege, l'unanimité peut être faite.

En effet, ce chirurgien, fondateur de l'hôpital de Panzi, soutient depuis plus de 20 ans les femmes violées de l'Est de la République démocratique du Congo. En 1952, un humanitaire, comme lui, en la personne d'Albert Schweitzer, avait été honoré du même prix pour ses œuvres à l'hôpital de Lambarené au Gabon, en Afrique centrale.

Mais le mérite de Denis Mukwege est d'autant plus grand qu'il intervient dans un pays où toutes les forces du mal, ainsi que les soldats gouvernementaux, ont mis un point d'honneur à l'empêcher, par tous les moyens, d'officier sereinement. Car, le gynécologue représente leur mauvaise conscience.

En effet, les groupes rebelles qui écument l'Est de la RDC, de même qu'un dictateur comme Kabila, ne peuvent pas s'accommoder d'un homme dont la renommée nationale et internationale réside dans la réparation des dégâts qu'ils commettent par le viol et par la mauvaise gouvernance. Denis Mukwege, à force de témérité et d'engagement pour la bonne cause, vient, par ce Nobel, d'intégrer pour l'éternité, la cour des grands.

En Afrique, l'on peut les compter sur le bout des doigts. A contrario, des individus comme Kabila, c'est-à-dire, des individus qui se délectent de la souffrance des autres, on en rencontre très souvent sous nos tropiques. Et quand par effraction, ils s'emparent des rênes d'un pays, ils ne se donnent aucune limite dans leurs excès.

Kabila est resté droit dans ses bottes

C'est le cas aujourd'hui de Joseph Kabila. Et il est encouragé dans sa folie non seulement par ses pairs de l'Afrique centrale mais aussi par le goût immodéré de ses compatriotes pour les choses mondaines et festives.

Certes, l'homme s'est retiré de la course à la présidentielle reste qu'il aura tout mis en œuvre à travers la machine à "voler" et un fichier électoral non toiletté pour que son dauphin Emmanuel Shadary lui succède à la tête de l'Etat.

Et si pour cela, il doit brûler le pays, l'on peut parier que Joseph Kabila ne se fera aucun scrupule. Car tous les actes qu'il pose depuis qu'il est aux commandes de ce pays continent, sont aux antipodes des intérêts véritables du peuple congolais.

A preuve, bien que l'opposition soit opposée au maintien de la machine à voter, Kabila est resté droit dans ses bottes.

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