11 Décembre 2018

Cote d'Ivoire: Négociations sur le climat - Le ministre Séka Séka expose la position ivoirienne

Le Monsieur Environnement et Développement durable du gouvernement ivoirien a fait plusieurs propositions à Katowice, pour faire avancer les débats.

« Nous n'allons pas du tout dans la bonne direction » pour freiner le changement climatique qui « va plus vite que nous », mettait en garde le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, le 3 décembre à l'ouverture la 24ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Cop24 en abrégé).

Au neuvième jour des négociations qui se tiennent, cette année, dans la ville méridionale polonaise de Katowice, quelques avancées ont été enregistrées selon des sources proches de l'Onu.

Toutefois, celles-ci restent dérisoires au regard des enjeux multiformes en présence et alors que se consolide la fracture entre pays développés et autres nations en voie de l'autre.

Prenant la parole lundi lors d'une Concertation des ministres francophones de l'Environnement sur le thème « Bilan du processus de négociation des règles et procédures pour opérationnaliser l'Accord de Paris et les défis pour rehausser l'ambition en Francophonie », le ministre ivoirien de l'Environnement et du Développement durable, le Professeur Joseph Séka Séka a présenté la position de la Côte d'Ivoire, et fait plusieurs propositions dans le but de faire bouger les lignes.

« La position de la Côte d'Ivoire par rapport aux questions débattues lors des dernières Cop est en cohérence avec celle du Groupe africain dont les points essentiels concernent le renforcement des capacités, la finance climatique, et la transparence », a d'emblée souligné le ministre Séka Séka.

S'agissant du renforcement des capacités prévu par l'article 11 de l'Accord de Paris sur le climat afin d'aider les pays les moins nantis à accéder aux technologies et aux financements devant soutenir leurs réponses nationales au dérèglement du climat, la Côte d'Ivoire estime que « les pays développés devraient renforcer le soutien aux actions de renforcement des capacités dans les pays en développement.

Au titre de la finance climatique, la Côte d'Ivoire demande « que soient définies les modalités, procédures et méthodologies du manuel des règles d'opérationnalisation de l'accord de Paris sur les questions financières, de façon à ce qu'elles soient équilibrées et plus complètes ».

Le pays, qui a pris une part active dans le processus d'adoption de l'accord de paris sur le climat demande également que soit facilité et augmenté l'accès aux ressources de la finance climatique notamment le Fonds vert pour le climat, le Fonds pour l'environnement mondial et le Fonds pour l'adaptation.

Le ministre Séka Séka a rappelé l'exigence de l'établissement d'un cadre de transparence renforcé contenu dans l'accord de Paris qui en fait un instrument crucial pour la mise en œuvre de celui-ci, avant de révéler la position ivoirienne sur cette autre problématique.

« Pour mon pays, a-t-il souligné, le cadre de transparence renforcé doit élaborer des mécanismes qui assurent la confiance des différents acteurs dans les informations fournies par les pays parties à la Convention cadre sur les changements climatiques, et la comparaison des efforts entre les différents pays-parties. La recherche de l'équilibre entre ces deux missions principales reste donc un enjeu important à relever.

La Côte d'Ivoire recommande toutefois de la flexibilité pour réconcilier les positions des pays développés qui souhaitent une approche commune en matière de transparence, et celles du groupe d'Etats ayant la même optique qui préconisent une double approche en fonction du niveau de développement.

Si l'on tient compte de toutes les réductions d'émissions de gaz à effet de serre contenues dans les Contributions déterminées nationales ou Cdn (engagements officiellement pris par les Etats pour limiter les émissions) des pays -parties, l'on constate que la planète se situe au-delà d'une augmentation de 2° C à l'horizon 2100 a alerté le ministre, avant de prescrire la démarche à suivre : « veiller à la solidité et à l'efficacité des mécanismes de transparence et d'examen prévus dans l'accord, mais aussi rehausser nos ambitions en phase avec le dernier rapport du Giec (Groupe intergouvernemental d'études sur le climat) sur une augmentation à 1,5%.

Nous proposons ainsi une décentralisation des Cdn afin d'inclure toutes les parties prenantes nationales (collectivités, secteur privé, organisations de la société civile) pour la facilitation de leur mise en œuvre et le rehaussement des ambitions des Cdn ».

Peu après cette concertation ministérielle francophone, le Pr Joseph Séka Séka a pris part à un autre événement parallèle axé sur l'aide de l'instrument d'aide liée au climat de l'Alliance mondiale contre les changements climatiques soutenu par l'Union européenne.

Il s'est félicité de la relation privilégiée de la Côte d'Ivoire avec ce mécanisme matérialisée par divers appuis dans des domaines comme la lutte contre l'érosion côtière ou le renforcement des capacités à mobiliser les financements liés au climat avec la société civile ivoirienne, avant de transmettre aux initiateurs de cet instrument, la gratitude du gouvernement de Côte d'Ivoire.

Cote d'Ivoire

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