Afrique: Migrations - Le pacte mondial approuvé

Le texte controversé mais non contraignant a été adopté, le 10 décembre à Marrakech, au Maroc, par cent cinquante pays et rejeté par une trentaine d'autres.

Le Pacte recense des principes de défense des droits de l'Homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale et liste des propositions pour aider les pays à faire face aux migrations, échanges d'information et d'expertises, intégration des migrants. Il interdit les détentions arbitraires, n'autorisant les arrestations qu'en dernier recours.

Soulignant les « efforts » consentis pour parvenir à ce document, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exhorté à ne « pas succomber à la peur ou aux faux narratifs » sur la migration. S'exprimant à l'ouverture des débats, il a, en outre, dénoncé les «nombreux mensonges» à propos d'un texte qui a soulevé les critiques des nationalistes et des partisans de la fermeture des frontières.

Destiné à renforcer la coopération internationale pour une « migration sûre, ordonnée et régulière », ce texte doit encore faire l'objet d'un ultime vote de ratification, le 19 décembre, à l'Assemblée générale des Nations unies. La conférence de Marrakech devait être une étape purement formelle dans ce processus mais le sujet déchaînant les passions, une quinzaine de pays a fait part de son retrait ou du gel de sa décision sur place.

Par ailleurs, les défenseurs des droits de l'Homme le trouvent insuffisant, notamment sur l'accès des migrants à l'aide humanitaire et aux services de base ou sur les droits des travailleurs migrants. Ses détracteurs le voient comme un encouragement à un flux migratoire incontrôlé.

Déclenchée après la crise de 2015, l'initiative onusienne se présentait comme un « guide des bonnes pratiques », une déclaration symbolique pour répondre à la crise des migrants. Conçue pour consolider, elle a divisé. Le pacte a alimenté l'angoisse migratoire qui touche tout l'Occident, ignorant le besoin d'identité des peuples européens.

Le pacte sur les migrations a mis en lumière les fragilités politiques de nombreux gouvernements européens, entraînant le retrait de plusieurs pays: Hongrie, Autriche, Israël, République tchèque, Slovaquie, Pologne, Lettonie, Australie, République dominicaine, Chili. D'autres ont gelé leur décision: Bulgarie, Estonie, Italie, Slovénie, Suisse.

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a refusé d'inscrire son action dans un cadre international et retiré la signature américaine des grands accords, comme le climat et le nucléaire iranien. Mais, aujourd'hui, il n'est plus seul à penser ainsi. En juillet dernier, lorsque le document de l'ONU a été rendu public, il avait été approuvé par tous les pays sauf les États-Unis.

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