10 Décembre 2018

Mali: Semaine sociale agitée au pays

Après les manifestations interdites ce week-end, une nouvelle semaine de contestation sociale s'ouvre au Mali. À Bamako et dans tout le pays, le pouvoir fait face à une colère vaste.

Ce lundi, journée mondiale des droits de l'homme, le Collectif pour la Défense de la République au Mali se réunit à Bamako pour dénoncer l'impunité dans le pays. Et demain mardi une quarantaine d'organisations de la société civile malienne appellent à marcher pour exiger le retrait de la loi d'entente nationale. Un texte qui préconise l'abandon des poursuites pénales contre les auteurs de crimes et de délits commis lors de la crise qui a débuté en 2012. Une situation sociale toujours tendue toujours après, déjà, les manifestations interdites du week-end.

Nombreux sujets de division

Le mouvement social est en ébullition dans le pays. Les grèves à répétition et les préavis de manifestations des différents syndicats du pays animent le quotidien des Bamakois, les habitants de la capitale malienne. Projet de découpage administratif, rallongement du mandat des députés, situation au nord et au centre du pays, loi d'entente nationale, voici quelques sujets qui divisent les Maliens. La situation économique peu enviable du pays ajouté à un contexte socio-politique tendu ne rassure pas une grande partie de la population malienne qui se pose bien de questions.

Marche interdite ce wenk-end

Le premier front auquel le Président IBK fait face est à sa non reconnaissance par Soumaila Cissé, chef de file de l'opposition malienne en tant que Président élu. Ses partisans avaient tenté malgré l'interdiction des autorités, de marcher le samedi dernier pour protester contre la prorogation du mandat des députés. Ils ont essuyé des tirs de gaz lacrymogènes des forces de l'ordre. "Marcher est un droit en République du Mali. Le Président Ibrahim Boubacar Keita et son gouvernement veulent maintenir les Maliens dans la dictature", se fâche Sidi Touré, membre du FSD. "Nous ne sommes pas d'accord. Nous allons nous battre jusqu'au bout. C'est le sens de notre combat."

Un vent de colère qui inquiète Mahamoud Kanté. Ce cadre de l'administration malienne met l'accent sur l'augmentation du prix du carburant ou encore des denrées de première nécessité qui intervient dans un contexte économique pour le moins difficile pour les ménages. "Vu la conjoncture actuelle du pays, le prix du condiment qui ne cesse de flamber, ça ne peut pas continuer", estime-t-il. "La population en souffre énormément. Nous avons acquis la démocratie dans le sang, il ne faut pas qu'on la martyrise. Je souhaite qu'on trouve une solution à travers un dialogue franc entre opposition et majorité."

Caisse de l'Etat vides ?

Depuis plusieurs semaines, des allégations selon lesquelles les caisses de l'Etat seraient à sec font la une de l'actualité. Une thèse balayée d'un revers de main par le ministre de l'économie et des finances. Mais pour Mai Keita, mère au foyer, le gouvernement doit faire plus pour rassurer les Maliens.

"La population n'a rien, il n'y a pas de travail", raconte-t-elle. "Je ne parle pas de la bureaucratie, mais plutôt de l'industrialisation. Le gouvernement doit apporter des réponses concrètes aux problèmes économiques du pays. Nous avons beau parlé, la parole ne règlera notre situation. Il faut la construction des usines pour que les Maliens puissent être des vrais Maliens comme nos aïeux étaient."

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