Centrafrique: La France se repositionne en RCA face à l'influence russe

(Photo d'archives) - État-major des armées / armée de Terre en patrouille dans le cadre de l'opération Sangaris en Centrafrique
11 Décembre 2018

La ministre française des Armées était lundi et mardi à Bangui. Cette visite survient un mois après celle de Jean-Yves le Drian, dans un pays où la présence russe se fait de plus en plus ressentir.

La France souhaite-t-elle reprendre sa place en République centrafricaine ? Une question qui est dans toutes les bouches.

Après la visite du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian il y a un mois, c'était au tour de la ministre des Armées Florence Parly de fouler pour la première fois le sol centrafricain.

Venue pour réaffirmer le soutien de la France à la RCA, elle est aussi présente pour recevoir, en compagnie de son homologue centrafricaine Marie-Noëlle Koyara, les 1.400 armes promises il y a un mois par la France à la Centrafrique, pour le moment stockées dans le camp militaire de M'Poko.

"Madame la ministre nous a assuré du soutien et de l'engagement de la France à nos côtés. C'est vraiment historique. Vous voyez que des équipements nous ont été remis aujourd'hui. Des équipements qui vont être remis à notre bataillon amphibie. La sécurité de notre frontière de plus de 1.600 km doit être assurée", a dit Marie-Noëlle Koyara, ministre centrafricaine de la Défense

Un don qui n'est pas anodin, lorsque l'on sait qu'un an plus tôt, la Russie avait obtenu la levée de l'embargo en livrant des armes à la Centrafrique.

Paris clarifie sa position vis-à-vis de Moscou

Depuis, la présence russe n'a fait que s'accroître. Envoi de formateurs militaires russes, création d'une radio, ou dernièrement le financement de l'élection de Miss Centrafrique, cette présence a provoqué un sursaut dans les couloirs de la diplomatie française.

Une aide sur laquelle la ministre française des Armées est revenue.

"Ce qui est important, c'est que l'aide apportée notamment par la Russie puisse respecter les règles posées au niveau de la communauté internationale et par les Nations unies. Donc ce qui est important c'est qu'il y ait une bonne coordination de l'ensemble des efforts qui sont utiles à la stabilisation de la Centrafrique", a indiqué Florence Parly.

Une coordination qui, selon de nombreuses sources diplomatiques, semble difficile à mettre place. Car la principale question qui se pose est : avec quels acteurs négocier ?

Si les intérêts de la Russie se dévoilent peu à peu, les instructeurs envoyés sur le territoire centrafricain ne semblent pas être rattachés à des institutions étatiques, mais privées, rendant leur identification compliquée pour les instances diplomatiques.

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