Congo-Kinshasa: A qui profitent les violences pré-électorales ?

11 Décembre 2018

La campagne pour les élections générales du 23 décembre prochain, est loin d'être un fleuve tranquille en République démocratique du Congo (RDC). En effet, quand ce ne sont pas des groupes armés qui empêchent des candidats d'accéder à leurs fiefs électoraux comme c'est le cas dans le Nord-Kivu où sévissent les milices Tama, Itala, Musindi, Luhongo, Bulengy et Manzya, l'on assiste parfois à de véritables échauffourées entre militants de la majorité et ceux de l'opposition.

Le dernier exemple en date a été le blocage, hier, 11 décembre 2018, par des forces de l'ordre, du cortège du candidat Martin Fayulu à Lubumbashi, dans le Sud du pays. Morceaux choisi : « L'aéroport nous avait été hermétiquement fermé.

On nous a interdit d'accéder au tarmac. Nous avons forcé, nous avons accueilli notre homme et nous avons pris la route de retour. Et c'est là qu'on a fait face à une armada de l'armée congolaise habillée en policiers.

Ils nous ont poursuivis jusqu'au centre-ville », fulmine le chargé des relations extérieures de Martin Fayulu. Tout se passe, en effet, comme si les forces de l'ordre qui devraient veiller au bon déroulement du scrutin, manifestement stipendiées, sont en train d'en rajouter au climat électoral déjà très délétère en RDC.

La RDC n'est pas à l'abri d'une crise post-électorale

Toute chose qui n'augure rien de bon d'autant que ces violences pré-électorales font craindre des lendemains incertains.

En tout cas, loin de jouer les Cassandre, on peut dire que la RDC n'est pas à l'abri d'une crise post-électorale comme le subodorait déjà l'Eglise catholique qui, avant même l'ouverture de la campagne, avait déjà tiré la sonnette d'alarme.

Et si crise post-électorale il y a, elle ne profiterait qu'au seul Joseph Kabila qui pourrait soit imposer son dauphin par la force, soit évoquer le « principe de la continuité de l'Etat et pour éviter le vide à la tête de l'Etat », pour s'octroyer un nouveau bonus présidentiel et ce, « jusqu'à l'installation d'un nouveau président élu » conformément à l'arrêt de la Cour constitutionnelle, rendu le 11 mai 2016. En fait, on ne le sait que trop bien.

Ce n'est pas de gaieté de cœur que Joseph Kabila a décidé de renoncer au pouvoir tout en prenant le soin de se choisir un dauphin en la personne de Emmanuel Ramazani Shadary.

A preuve, il n'exclut pas la possibilité de revenir au pouvoir en 2023 ; ce qui laisse croire que même si le sieur Shadary est élu président de la RDC, il ne sera qu'un faire-valoir.

C'est Kabila qui détiendra la réalité du pouvoir à l'image du scénario Medvedev- Poutine. Mais là, personne ne lui en tiendra rigueur puisqu'il aura sauvé au moins les apparences en respectant la lettre et l'esprit de la Constitution congolaise.

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