12 Décembre 2018

Sénégal: Scrutin de 2019 - Retrait et disponibilité de la carte d'identité CEDEAO associée à la carte d'électeur

Les contentieux autour du processus électoral sénégalais qui font florès encore, à quelques encablures du scrutin de février prochain, risquent de corrompre à coup sûr la sincérité du vote devant départager Macky Sall et ses protagonistes.

Et parmi ces facteurs de friction entre l'opposition et le pouvoir, la non-disponibilité de la carte d'électeur pour des centaines de milliers de citoyens (presque 460. 000 cartes encore en souffrance dans les centres de distribution, selon le ministre de l'Intérieur Aly Ngouille Ndiaye) semble jeter une sorte d'hypothèque sur une échéance électorale où les acteurs ne lésinent pas sur les coups.

Le scrutin présidentiel du 24 février 2019 est véritablement parti pour être celui de toutes les menaces, eu égard aux divergences majeures de la classe politique sénégalaise autour du processus électoral.

En témoigne le rude bras de fer que l'opposition et le pouvoir en place se sont livrés autour de la fiabilité du fichier électoral, de la mise à disposition de ce fichier, de la question du constituant relatif à la carte d'identité biométrique Cedeao, du parrainage, de la Commission électorale nationale autonome (Cena), de la mise en place d'une structure autonome et/ou indépendante pour organiser le scrutin présidentiel.

En somme, du recours à « Monsieur Elections » pour garantir la fiabilité, la sincérité et la transparence d'un scrutin qui suscite moult suspicions chez les adversaires de Macky Sall. A juste titre d'ailleurs, même si le pouvoir en place met en avant de manière systématique la loi électorale pour réfréner les récriminations de l'opposition.

Ce climat lourd qui prévaut autour du processus électoral, ayant fini par frigorifier toutes les tentatives et autres invites de la société civile pour un dialogue franc entre pouvoir et opposition autour du processus électoral, est également vicié par la problématique de la carte d'identité biométrique Cedeao associée à la carte d'électeur.

Une carte d'identité dont le lancement officiel s'est effectué sous la présidence de Macky Sall, le 14 Octobre 2016, mais que l'opposition avait tout simplement bonnement boycotté, quoique la question ait fait partie intrinsèque des travaux de la refonte du fichier électoral.

De fil en aiguille, la disponibilité de la carte d'identité biométrique d'électeur pour les citoyens devant exprimer leurs suffrages au scrutin du 29 février prochain et départager Macky Sall et ses challengers, s'est invitée au centre des crispations de l'opposition contre le pouvoir en place.

Et pour cause, les difficultés pour ne pas dire l'incapacité des citoyens de disposer de leurs cartes d'électeur, des mois et des mois après l'institution de la carte biométrique, forçant les autorités à prolonger à plusieurs reprises la date de validité des anciennes cartes d'identité, est perçue par l'opposition comme une stratégie de rétention volontaire de la part du pouvoir en place.

Aux dernières législatives, selon d'ailleurs l'opposition, 2 millions 700 mille électeurs n'ont pas pu voter, pour diverses raisons dont la non-disponibilité de leur carte d'électeur.

Pour être plus précise, l'opposition signalera que 45% des inscrits n'ont pas reçu leur carte d'identité. Le pouvoir de Macky Sall est alors accusé par son opposition de procéder à une distribution ciblée, surtout de faire de la rétention dans « les zones où l'opposition est forte».

Suffisant alors pour que Me Wade, l'ancien président et patron du premier parti d'opposition, se permette même de lancer un appel à cette même opposition en lui suggérant de diligenter un coup de force pour récupérer les cartes d'électeur en souffrance au niveau des structures d'inscription.

Une opération dite «Fokarti sou nouy cartes » par le parti d'Idrissa Seck et consistant «à assiéger les préfectures et sous-préfectures pour exiger de force les cartes d'électeurs».

Quoiqu'on en arrivât pas là, force est de reconnaître plus de deux années après l'institution de la carte d'identité biométrique Cedeao, la distribution et le retrait de cette carte associée à la carte d'électeur restent encore un défi, autant pour l'administration, le pouvoir en place que l'opposition.

Les milliers de cartes encore en souffrance dans les préfectures et commissions administratives témoignent, si besoin en est, de la fébrilité des acteurs politiques sénégalais à mobiliser les citoyens autour de la récupération de leurs cartes d'électeur.

Si elles sont réellement disponibles. A moins de trois mois de la présidentielle, la disponibilité de la carte d'électeur redevient un enjeu de taille pour l'issue du scrutin de février prochain.

Une élection qui est partie pour cristalliser toutes les contradictions entre le pouvoir et son opposition, comme le montre la farouche confrontation physique à laquelle se sont livrés les mandataires des coalitions en lice avant-hier, lundi 10 décembre, au démarrage du dépôt des dossiers de candidature au niveau du Conseil constitutionnel.

RETRAIT DES CARTES D'IDENTITE BIOMETRIQUES : Près de 460. 000 cartes, en souffrance dans les centres

Selon le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité Publique, Aly Ngouille Ndiaye, presque 460.000 cartes sont encore dans les centres de retrait et attendent l'arrivée de leurs propriétaires.

En effet, signale Aly Ngouille Ndiaye qui s'exprimait sur la question, lors son passage devant la représentation parlementaire pour l'examen du budget 2019 de son ministère, sur les cartes nationales d'identité biométriques issues de la refonte de 2017, 6.050.000 cartes ont été éditées. Mieux, à la date du mardi 27 novembre, 5.852. 000 cartes ont été distribuées.

Il ne restait donc que 197.767 cartes qui n'étaient pas encore parvenues à leurs propriétaires. En ce qui concerne cependant les cartes issues de la révision du fichier, le ministre de l'Intérieur relevait que 386. 000 cartes avaient été livrées aux centres de retrait et les 124.000 étaient déjà entre les mains de leurs ayants droit. Il restait 262.000 cartes à distribuer, notait-il.

« Pour le nombre total de 10 millions de cartes, présentement 8 millions de talons sont livrés et 6.500.000 cartes sont produites », avait dit par ailleurs Aly Ngouille Ndiaye.

Les dépenses effectuées dans ce cadre sont de 30 milliards, en plus d'une facture pendante de 10 milliards, soit un montant total de 40 milliards de francs CFA, concluait Aly Ngouille Ndiaye.

DIOURBEL - SITUATION DE LA DISTRIBUTION DES CARTES : Taux de retrait de 50% pour la derrière révision des listes

La situation du retrait des cartes d'électeur est satisfaisante au niveau du département de Diourbel .Le taux de retrait de la refonte de 1996 se situe à 98 ,40%. Par contre, le taux de retrait se situe à 50% pour la récente révision des listes électorales.

Les opérations de retrait des cartes d'électeur se poursuivent encore dans le département de Diourbel, selon les modalités définies par l'autorité administrative.

Il y a trois commissions administratives qui ont été installées dans la commune de Diourbel, dans les deux sous-préfectures de Ndindy et de Ndoulo. Le Préfet de Diourbel Ibrahima Fall déclare que « dans l'ensemble, nous avons un bon taux de retrait des cartes d'électeurs dans le département de Diourbel.

En ce qui concerne les cartes issues de la refonte de 1996, on est à 98 ,40% de retrait Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de cartes qui souffrent dans les commissions. Il y a un cumul de 10 845 cartes à la date du 30 novembre au niveau de ces trois commissions avec un gros lot dans la commune de Diourbel avec 7.064 cartes.

Pour ce qui est de la récente révision des listes électorales, nous sommes à un taux qui avoisine les 50% à un mois de disponibilité de ces cartes». et de poursuivre : «Sur un total de 4697 cartes, nous avons eu à distribuer 2468 cartes.

Notre objectif est que toutes les cartes puissent être rétirées». C'est pourquoi le Préfet de Diourbel lance un appel aux populations du département de Diourbel pour leur dire de ne pas attendre les derniers jours pour aller vers les commissions.

« Les cartes sont disponibles, elles n'ont qu'à venir retirer leurs cartes pour qu'elles puissent voter le jour du scrutin du 24 février». Interpellé sur la date-limite de ces retraits, le Préfet de Diourbel soutient : « à la veille du scrutin, nous allons arrêter toute distribution de cartes électorales conformément aux dispositions du code électoral.

Le code électoral stipule également que 45 jours au moins avant le scrutin, des commissions itinérantes seront mises en places et se chargeront de la distribution des cartes ».

SAINT-LOUIS - DISTRIBUTION ET RETRAIT DES CARTES D'ÉLECTEURS : 6473 cartes de la refonte et de la révision 2018 en rade à la préfecture

La distribution et le retrait des cartes d'électeurs se font presqu'au compte-gouttes au niveau de la commission ouverte à la Préfecture du Département de Saint-Louis.

Au total, ce sont 4464 cartes de la refonte de 2017 et 2009 cartes de la révision 2018 qui sont en souffrance au niveau des deux commissions du département, à savoir la Préfecture de Saint-Louis et l'arrondissement de Rao.

Selon les responsables du Bureau électoral, ce sont plus de 200 cartes qui sont retirées chaque semaine concernant les cartes de la révision 2018 et moins de 100 cartes pour ce qui est de celles de la refonte de 2017. Ces stocks de cartes biométriques de la Cedeao sont reparties entre les deux commissions électorales.

Au niveau de la Commune de Saint-Louis, il y a un stock de 3643 cartes de la refonte de 2017 et 1412 cartes de la révision 2018. Au niveau de la commission de l'arrondissement de Rao en revanche, le stock de cartes restant s'élève à 821 cartes de la refonte de 2017 et 597 cartes de la révision 2018.

Des cartes qui attendent toujours leurs propriétaires au niveau de ces deux commissions électorales. Il faut toutefois signaler que de nouvelles cartes arrivent presque tous les 15 jours au niveau de ces commissions. Et les responsables de ces commissions de rassurer quant à la poursuite des opérations de distribution et de retrait des cartes d'électeurs jusqu'à à la veille de l'élection présidentielle de 2019.

DEPARTEMENT DE MATAM : 130.013 cartes distribuées, un taux de retrait de 95 %

Depuis les opérations de refonte jusqu'aux opérations de révision, 130.013 cartes ont été distribuées, ce qui permet d'enregistrer un taux global de retrait de 95 % sur l'étendue du département de Matam. Face à ce nombre important de retrait, ce n'est plus le grand rush qui a prévalu il y'a quelques mois au niveau des commissions de distribution.

A l'image du bureau qui siège au niveau de la préfecture, les différents bureaux au niveau des sous-préfectures ont vu en effet la moyenne de retrait diminuer.

Comme l'explique Dadie Dia, le préfet du département de Matam, «on n'assiste plus à un rush du fait que plusieurs citoyens sont déjà rentrés en possession de leurs cartes durant les premiers mois ».

Avant d'expliquer cependant : « pour les cartes issues de la refonte, il reste à distribuer 5802 cartes et pour les cartes issues de la révision, il reste pour le moment 2684 cartes. Ce qui veut dire qu'il y a toujours des cartes non retirées au niveau de la préfecture et des sous-préfectures de Ogo et Agnam.

Le retrait de la dernière minute fait partie des habitudes des Sénégalais. Souvent, ce n'est pas un problème de distance, même si dans certaines zones, c'est la mobilité des personnes ou la transhumance qui altèrent quelque peu les opérations de retrait ».

L'autorité administrative qui lance un appel aux retardataires révèle « avoir mis sur place un dispositif qui fonctionne de 8 heures à 18 heures pour que les cartes puissent être récupérées par leurs propriétaires au niveau des différents bureaux où les commissions de retrait continuent de siéger ».

SEDHIOU - ETAT DES LIEUX DU RETRAIT DES CARTES D'ELECTEUR : 6,87% issues de la refonte et 50,009% de la révision en attente

La région de Sédhiou a reçu un cumul de 118.329 cartes issues de la refonte du fichier dont 6,87% non encore retirées et 16.361 cartes reçues au titre de la révision dont 50,009% jusque-là en souffrance dans les commissions de distribution.

La dernière situation pour le département de Sédhiou remonte au 6 décembre passé alors que Goudomp et Bounkiling en ont fait une semaine plus tôt.

A la date du jeudi 6 décembre dernier, la situation de la refonte du fichier électoral du département de Sédhiou faisait état de 58.563 cartes distribuées en 16 semaines sur un total de 60.112 unités, soit 1.549 cartes encore en souffrance.

Pour ce qui est de la révision, 105 cartes sont distribuées en une semaine sur un cumul de 4.168, soit 1.755 cartes non encore distribuées. Dans le département de Goudomp et à la date du 30 novembre, pour la situation de la refonte du fichier au titre de l'année 2017 et sur les 6.894 cartes reçues, 4.766 sont distribuées et 2.128 restantes.

S'agissant de la révision du fichier, le département de Goudomp a reçu 6 894 cartes, en a distribué 4.766 et il reste 2.128, soit un taux de distribution de 94,81%.

Pour le département de Bounkiling qui a reçu un cumul de 51.323 cartes à la date du 29 novembre dernier pour le compte de la refonte du fichier, 46.867 sont distribuées en 41 semaines et 4.456 restent encore en souffrance. Pour ce qui est des cartes issues de la révision du fichier, 5.299 sont reçues à Bounkiling, 3.308 cartes sont distribuées en 218 semaines et 1.991 y dorment toujours.

Ce qui donne un cumul régional de 118.329 cartes issues de la refonte du fichier dont 110.196 cartes distribuées et 8.133 non encore distribuées soit 6,87% de cartes en souffrance.

Pour celles issues de la révision du fichier, 16.361 cartes sont reçues à l'échelle de la région, 8.179 sont distribuées et 8.182 restent en souffrance soit un taux de 50,009% de cartes non encore distribuées.

Il importe de relever que si la situation du département de Sédhiou est actualisée à la date du 6 décembre dernier, celle de Goudomp et de Bounkiling date respectivement du 30 novembre et 29 novembre 2018.

Sénégal

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