12 Décembre 2018

Sénégal: Macky Sall sur les raisons de l'écriture de son livre - «Je me suis rendu compte que je n'étais pas assez connu»

Le chef de l'Etat, Macky Sall, a procédé hier, mardi 11 décembre, à la présentation de son livre "Le Sénégal au cœur", publié aux éditions «Cherche midi».

Devant un parterre de diplomates, de personnalités politiques et de militants acquis à sa cause, le président Macky Sall explique les raisons d'un tel ouvrage à quelques mois de la présidentielle, par le fait que ceux qu'il gouverne ne le connaissaient vraiment pas.

Une occasion saisie par ce face-à-face avec la presse pour apporter des réponses à certaines critiques portées à son encontre.

Le jeu en valait-il la chandelle, sommes-nous tentés de poser la question au président de la République, auteur du livre "Le Sénégal au cœur" publié aux éditions «Cherche midi» ? La réponse coule de source pour l'auteur dudit livre qui semble chercher à régler un problème.

En effet, face à un public venu nombreux assisté à la cérémonie de présentation de son livre, le président de la République a donné les raisons qui l'ont poussé à écrire l'ouvrage.

Et, cela ressemble à une réponse servie à ses détracteurs, notamment l'ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, qui l'avait traité de «descendant d'esclave».

En tout cas, il pense servir une réponse à ceux-là qui, par la «cupidité», «veulent inventer une histoire» pour lui. Ainsi, le chef de l'Etat explique qu'en réalité, le but n'était pas de faire un récit de son combat, mais plutôt de parler de lui, de sa famille, de sa femme, etc.

Pour cause, se justifie-t-il, «à la veille du combat devant nous (l'élection présidentielle), et surtout à la fin de mon mandat, je me suis rendu compte que je n'étais pas assez connu pour ce qui fonde mon combat partisan».

Donc, en écrivant ce livre, le président Macky Sall s'est donné comme objectif de «remettre le contexte de cette histoire seulement à titre informatif» ou encore de permettre à ceux qu'il dirige de le connaitre, de connaitre ainsi ses convictions.

Répondant ainsi indirectement à Me Wade, le chef de l'Etat a fait des précisions sur sa descendance. Il a laissé entendre que, contrairement à ce qui a été véhiculé, il est «issu d'une lignée guerrière». D'ailleurs même, jetant des piques à certains d'entre ses adversaires, il dira que «si on devait dire l'histoire de tout le monde, peut-être que d'autres ne seraient pas à l'aise».

Par ailleurs, il est revenu sur la modestie dans laquelle il a été éduqué, pour dire que la vraie valeur de l'homme ne serait pas l'argent, ni les biens matériels, mais plutôt sa dignité. Il a, en outre, donné les raisons de l'omission de certains passages et de certains noms.

Selon lui, le livre n'était pas conçu pour «installer la polémique», surtout en cette veille d'élection. Pour cela, se justifie-t-il, «je suis obligé de nuancer sur certaines choses, de passer sur d'autres». Mais, que l'essentiel était de parler de lui à travers des faits réels.

A noter, par ailleurs, que les professeurs Ousmane Khouma, politologue, Ousmane Sène, Enseignant chercheur et Pape Massène Sène, se sont relayés à faire la critique de l'œuvre du président.

Après la lecture de certains passages du livre, le Pr Ousmane Khouma a semblé dire que l'auteur a été forgé dans ses convictions par son éducation dès le bas-âge, qu'il a pris le virus de la politique car voulant faire bouger les choses, et sa conception du pouvoir est l'écoute, la réflexion et la décision, démarche de tout homme politique qui ne doit pas prendre des décisions dans l'empressement.

Pour sa part, Pr Ousmane Sène pense que le politique parle même si le discours n'est pas politique. Il est d'avis que le livre n'est pas une propagande politique, mais plutôt un portrait de la famille de l'auteur.

Enfin, Pr Pape Massène Sène estime de son côté, en citant quelques passages, que l'auteur a confirmé son courage et sa dignité à travers quelques actes posés. Mieux, il reste convaincu de l'humilité et de la sagesse de l'auteur qui a reconnu les qualités de ses prédécesseurs, à savoir les présidents Diouf et Wade.

BATAILLE POUR LE CONTROLE DE DAKAR

Ceux qui pensent que la capitale sénégalaise est le bastion électoral de quelqu'un d'autre que le pouvoir en place, allusion faite à l'ex-maire de Dakar, Khalifa Sall, se sont-ils trompés ? En tout cas, le président de la République reste convaincu que Dakar est dans son escarcelle politique.

S'appuyant sur des dates, il rappellera que lors de la présidentielle de 2012, c'était lui qui avait gagné Dakar. Poursuivant, il évoque la victoire de sa coalition dans la commune de Dakar, lors des législatives de 2012.

Mieux, il dira qu'au référendum de 2016, tout comme aux législatives de 2017, sa coalition a repris du poil de la bête, après sa défaite à l'élection locale de 2014. Pour ce qui est de la présidentielle de février prochain, il informe qu'un travail est en train d'être abattu pour une victoire de la mouvance présidentielle.

LOI PORTANT CODE DES COMMUNICATIONS

Concernant la loi portant Code des communications digitales très controversée, le chef de l'Etat dit ne pas voir de «menaces».

«Nous n'avons fait peser aucune menace sur la liberté de presse», s'est-il défendu. Au contraire, confie-t-il, il se positionnerait comme un fervent défenseur de la liberté de presse. De toutes les façons, convoque-t-il comme preuve, «il n'y a aucun journaliste en prison dans l'exercice de ses fonctions».

COMBATS A MENER LORS DU SECOND MANDAT

La question des réformes ainsi que celle de l'emploi des jeunes semblent être les points qui ont laissé un gout d'inachevé au président sortant. En tout cas, il en a fait son combat pour le second mandat.

Parlant, en fait, des choses qu'il n'a pas pu réaliser en 7 ans, le président a reconnu qu'il lui restait des efforts à faire pour une série de réformes, mais aussi que l'emploi des jeunes restait une priorité pour le second mandat. «Il faut les formes, mais aussi créer les conditions du plein emploi», promet-il, surtout avec le pétrole en 2021.

GESTION DES RESSOURCES NATURELLES DU PAYS : La loi sur la répartition des revenus votée en mi-janvier

Profitant de la tribune qui lui a été offerte, le président Macky Sall a répondu à ceux qui s'attaquent à sa gestion des ressources naturelles du pays.

A ceux qui soutiennent mordicus que lui et son régime sont en train de dilapider les ressources, il pense que c'est un «débat malsain» et soutient tout de même que le régime va «sécuriser» lesdites ressources.

A son avis, il n'y a «rien de secret» dans ce qui est fait par l'Etat dès lors qu'avec l'Itie, les revenus sont publiés, tous les actionnaires sont connus et publiés.

Se voulant rassurant, il dira : «soyez sûr que nous ferons voter avant la mi-janvier la loi sur la répartition des revenus futurs». Cela, tout en se glorifiant d'être le premier pays à penser à une loi, avant même que les ressources ne soient disponibles.

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