13 Décembre 2018

Burkina Faso: Procés du putsch manqué/Gilbert Diendéré - « Gardez-moi seul à la MACA, même si c'est pour cent ans »

L'audition du Général Gilbert Diendéré se poursuit à la barre du tribunal miliaire délocalisé pour l'occasion à la salle des Banquets de Ouaga 2000. Il est accusé d'« attentat à la sûreté de l'Etat, meurtre, coups et blessures volontaires, incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline et trahison », pour sa présumée implication dans le coup d'Etat manqué de septembre 2015 au Burkina.

Sa ligne de défense n'a pas changé. Il plaide non coupable même s'il reconnaît et continue de dire qu'il a simplement assumé le coup initié par les soldats de l'ex- Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

« Attentat à la sûreté de l'Etat, meurtre, coups et blessures volontaires, incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline et trahison» sont les charges qui pèsent contre le général Gilbert Diendéré pour sa présumée implication dans le coup d'Etat manqué de septembre 2015.

Ce que nie l'accusé. Pour lui, il a juste assumé des actes posés par les éléments de l'ex- RSP, parce qu'il n'a pas voulu que des subalternes soient à la tête de l'Etat.

C'est cette position que l'accusé et ses avocats ont défendue le 12 décembre 2018. Après le passage des avocats de la défense, ce fut au tour du parquet de prendre la parole pour ses observations et questions. Selon le parquet militaire, le général Diendéré a déclaré qu'à partir du 17 septembre 2015, la hiérarchie militaire a agi sous ses ordres en tant que chef suprême des armées.

Avant même de finir son intervention, l'accusé a levé la main pour faire des observations relatives à celles du parquet. Pour lui, si la hiérarchie a exécuté ses ordres, elle doit être jugée avec ses co-accusés qui ont eux aussi exécuté ses ordres en tant que président du Conseil national pour la démocratie (CND).

A cet argumentaire, le parquet militaire répond : « Il n'appartient pas à un accusé de mettre en accusation d'autres personnes. Ce n'est pas au général Diendéré d'imposer un certain nombre de choses au juge d'instruction. Pour l'accusation des parties, le ministère public ne s'en préoccupe pas », a laissé entendre le parquet.

Il n'en fallait pas plus pour mettre « Golf » hors de lui : « Le procureur dit qu'il ne s'en préoccupe pas. Mais c'est grave ! Si vous recherchez la vérité, toute personne dont la présence peut permettre de faire jaillir la lumière doit être entendue ».

Pour lui, les sous-officiers ont également agi sous ses ordres. « Pourquoi sont-ils jugés alors que la hiérarchie militaire ne l'est pas ?», s'interroge-t-il. « Si on ne veut pas inquiéter les grands, qu'on laisse les petits qui sont ici. Gardez-moi seul à la MACA, même si c'est pour cent ans », s'est-il indigné.

Avant d'ajouter qu'il a été choqué de voir les jeunes à la MACA. Il dit avoir écrit au Chef d'Etat-major général des armées au moment des faits, pour lui en parler, mais ce dernier n'a pas daigné répondre.

Une déclaration ovationnée dans la salle. A cette déclaration, le parquet a signalé que c'est le général Diendéré lui-même qui a commencé à accuser ceux-là qu'il appelle aujourd'hui les « petits ».

D'ailleurs, le Commandant Aziz Korogo, chef de corps au moment des faits, avait bénéficié d'un non-lieu. C'est le général lui-même qui a dit que c'était ce dernier qui s'occupait des aspects opérationnels tandis que lui, en tant que président du CND, s'occupait des aspects politiques.

Tout comme le commandant Aziz Korogo, c'est le général qui a également cité le journaliste Adama Ouédraogo dit Damiss comme étant celui à qui il avait donné des idées pour rédiger le projet de déclaration du CND.

Notons qu'avant cet épisode, Me Bonkoungou, l'un des avocats de la défense, a produit un argumentaire pour convaincre le tribunal de prendre en compte les circonstances dans lesquels le coup d'Etat a été perpétré.

Dans cette démarche, il a posé au Général Diendéré, une question relative à une tentative de recrutement de mercenaires angolais au profit du Premier ministre Yacouba Isaac Zida. Sur ce sujet, le Général Diendéré a confié que la mission devrait avoir lieu en août 2015 en Angola.

Et que 100 millions de F CFA avaient été puisés du Trésor public burkinabè pour l'organisation de la mission. Mais, a-t-il confié, le président Michel Kafando a souhaité que la mission soit reportée ou annulée. Savait-il que c'était une mission de recrutement de mercenaires et d'achat d'armes ?

Je ne sais pas si le président Michel Kafando savait si c'était une mission qui consistait à recruter des mercenaires, mais il savait qu'une mission devait avoir lieu en Angola, a indiqué l'accusé, avant de confier que la mission a été effectuée plus tard par Auguste Denise Barry, un officier supérieur proche de Zida.

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