13 Décembre 2018

Sénégal: Forum international sur l'éducation - Un sursaut universel prôné

C'est simple pour les initiateurs de la première édition du Forum international sur l'avenir de l'éducation tenu, ce lundi 11 décembre, au Palais des Congrès de Paris. L'éducation est un besoin vital face à une société en perpétuelle mutation.

Pour y faire face et apporter des réponses collectives dans un contexte de mondialisation, l'initiatrice du forum, Amy Sarr Fall, lance un appel à un sursaut, à une réflexion collective sur l'éducation pour parvenir à un monde meilleur.

L'éducation des enfants réfugiés, le dividende démographique face à la révolution numérique, l'innovation scientifique entrepreneuriale ou encore la transition écologique. Et, s'il y a encore un sujet qui a retenu l'attention des participants à la première édition du Forum international sur l'avenir de l'éducation, c'est l'éducation des jeunes filles.

La diversité des sujets discutés lors de forum international tenu, ce lundi 11 décembre, à Paris, au Palais des Congrès, donne un cachet universel à la première édition.

Face aux enjeux du secteur de l'éducation à l'orée de la mutation des sociétés, ce rendez-vous constitue, selon l'initiatrice, Amy Sarr Fall, un appel à la réflexion collective.

Car, selon elle, «l'éducation est la seule bataille qui vaille pour parvenir à un monde meilleur. Elle est vitale. C'est le principal pilier de l'humanité contre les tempêtes de l'époque».

Le ton est ainsi donné pour cette rencontre, mais le public se fait désirer. Les manifestations des «gilets jaunes» sont-elles passées par là ?

En tout cas, Amy Sarr Fall attendait mieux que ça. Tout compte fait, cette initiative, dira-t-elle, est une réponse à la stratégie du silence ou celle de la dénonciation permanente qui consiste à pointer du doigt ce qui ne marche pas, ce qui ne fera pas avancer les choses.

Elle veut actionner les leviers pour faire face, entre autres, aux 132 millions de filles qui n'ont pas accès à l'éducation, les 5 millions de réfugiés exclus du système scolaire. «Ces statistiques accablantes mettent en avant un sentiment d'injustice.

La pire des injustices reste l'indifférence face au sort des enfants. Nous sommes tous des citoyens du monde. Ce qui frappe le Nord, touche le Sud.

Ce qui frappe l'Est, atteint l'Ouest», souligne Amy Sarr dans son mot d'ouverture. Pour ce faire, l'alternative citoyenne à une réflexion collective peut, selon elle, réduire les fractures sociales que l'abandon à soi-même crée.

Reconnu comme besoin fondamental, l'éducation de qualité ne peut se faire, selon l'ambassadeur du Sénégal en France, que si les enseignants, premier intrant pédagogique, sont bien formés. Sans quoi, poursuit-il, il est difficile de transmettre, dans les meilleures conditions, du savoir.

Procédant à l'ouverture du forum, Bassirou Sarr souligne que «le Sénégal est très engagé sur la question de l'éducation, en consacrant 25,8% de son budget à ce secteur, alors que la norme internationale est de 20%.»

Non sans rappeler que «d'importants efforts ont été consentis dans le secteur pour la construction de nouvelles universités, la résorption des abris provisoires».

Une bonne dynamique qui n'occulte pas les réalités actuelles dans la mesure où, indique-t-il, l'école publique sénégalaise a des abris provisoires, des problèmes d'accès et de classes pléthoriques.

SOULEYMANE BACHIR DIAGNE, PRESIDENT DU COMITE SCIENTIFIQUE DU FORUM : «Le monde de demain que nous inventerons, sera l'éducation que nous nous donnerons»

Le Professeur Souleymane Bachir Diagne, président du comité scientifique du Forum International sur l'avenir de l'Éducation, a fait savoir que «l'avenir que nous ferons, le monde de demain que nous inventerons, sera l'éducation que nous nous donnerons». Il se prononçait à l'occasion de la cérémonie d'ouverture de la rencontre sur l'éducation tenue à Paris, ce lundi.

Dans son discours prononcé à l'occasion de la cérémonie d'ouverture du Forum international sur l'avenir de l'éducation, le professeur Souleymane Bachir Diagne, a souligné que «l'éducation est la condition de l'avenir que nous souhaitons».

En d'autres termes, souligne le professeur à l'université Columbia de New York, «l'avenir que nous ferons, le monde de demain que nous inventerons, sera l'éducation que nous nous donnerons».

En décryptant ses propos, le spécialiste de la philosophie islamique et de l'histoire des sciences convoque «le penseur Gaston Berger qui a souvent répété que l'avenir ce n'est pas ce qui va immanquablement se produire, mais ce que tous ensemble nous allons en faire».

Sous le titre de ce forum: l'avenir de l'éducation, le professeur invite les participants à un engagement de tous pour le secteur de l'éducation.

«Notre conviction est qu'en effet l'avenir de l'éducation ou l'éducation de l'avenir ou encore l'éducation pour l'avenir n'est pas l'affaire d'experts ou de décideurs. Elle est l'affaire de tous», dit-il devant les participants.

Invitant à s'interroger ensemble sur ce que seront les systèmes éducatifs dans le futur, le philosophe, préconise une implication de tous pour formuler des recommandations que nous ferons aux autorités et à nous-mêmes.

«C'est pourquoi nous sommes heureux que vous ayez répondu à notre invitation, à faire mouvement avec nous.

Nous ne vous avons pas invités à venir seulement écouter, mais à explorer avec nous, par vos commentaires, vos interventions et vos suggestions, les voies de l'avenir. Faire mouvement avec nous, cela veut dire que ce forum n'est que le point de départ d'un processus mis en branle», a relevé le philosophe.

LEADERSHIP FEMININ : Le plaidoyer de Aissata Tall Sall et Yaël Braun-Pivet

A l'occasion du panel sur l'Éducation des filles: un droit vital, Aissata Tall Sall, maire de Podor, et Yaël Braun-Pivet, présidente de la Commission des lois de l'Assemblée nationale française, ont passé, sans complaisance, en revue les facteurs bloquants de la promotion du leadership féminin, non sans dévoiler quelques pistes de réflexion.

«L'accès à certains postes sont réservés aux hommes pour des raisons obscures. Les fonctions de président de Conseil d'administration, de président de l'Assemblée nationale ou de Senat, sont occupées par des hommes».

En parlant ainsi, à l'occasion du panel sur l'Éducation des filles: un droit vital, la présidente de la Commission des lois de l'Assemblée nationale française, pose le débat sur la problématique du leadership de la femme mis à l'épreuve. Pour Yaël Braun-Pivet, «l'égalité ne suffit pas». Elle donne l'exemple de l'Assemblée nationale de la France qui a 313 députés dont 48% de femmes.

S'agissant des femmes dans le milieu politique, Aissata Tall Sall se veut clair: «c'est la mort. La politique est un monde fermé dont les règles ont été posées par les hommes». Tout n rappelant que la loi sur la parité est instituée au Sénégal dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives, elle souligne que cette «parité ne règle pas tout».

Elle dira que le problème n'est pas une parité de nombres. Elle soutient: «nous avons constaté qu'il y a 50 hommes, 2 femmes et 48 muettes.

Elles ne parlent pas. On a fait de telle sorte, par le procédé de l'investiture, que les hommes chefs de partis ont investi des femmes qui leur feront le moins de tords». «Une bavarde impénitente comme moi ne sera pas investie par un homme parce qu'elle a le toupet de vouloir lui prendre sa place», dit-elle.

Pour étayer son argumentaire, la mairesse de Podor a magnifié le concept du «Name and Shame», développé par Muriel Pénicaud, ministre du Travail, qui a demandé aux grands groupes de publier les salaires.

«Ça va être la honte parce que les gens vont se rendre compte qu'à compétence égale, la femme gagne 23% moins que l'homme. Voilà comment, dans le monde professionnel, le leadership de la femme est mis en cause, pour que la femme n'émerge pas».

LA SOLUTION PAR L'EDUCATION

Pour l'avocate Aissata Tall Sall, «nous sommes à la croisée des chemins de notre existence que nous voulons solutionner par l'éducation.

Celle des filles est importante». «L'éducation vous libère dans la parole, l'accès à la ressource. Ne serait-ce que pour le bien de la communauté, non pas de la fille, il faut qu'elle aille à l'école, reste et réussisse avant d'aborder le monde professionnel», préconise-t-elle.

Saluant la clairvoyance des hommes pour faire avancer les choses, Me Tall croit au dynamisme des femmes, soutenu par les hommes pour arriver à une action concrète du leadership de ces dernières. Pour Yaël Braun-Pivet, «il faut de la proactivité des femmes pour arriver à un leadership féminin affirmé».

Sénégal

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