Sénégal: Momar Diongue sur le cas Karim Wade et Khalifa Sall - «Deux cas assez similaires, mais complètement différents»

13 Décembre 2018
interview

L'absence de précipitation pour le dépôt des dossiers de candidature du candidat du Parti démocratique sénégalais (Pds), Karim Wade, et celui de la coalition Taxawu Senegaal, Khalifa Sall, se comprend parfaitement, même si les cas qui semblent similaires sont en réalité différents.

C'est la conviction du journaliste-analyste politique, Momar Diongue qui pense que pour le cas de Karim Wade, «il y a des limites objectives à l'acte de dépôt de la candidature».

Concernant le cas de l'ex-maire de Dakar, Khalifa Sall, M. Diongue dit comprendre que «ses partisans soient en expectative de ce qui va se faire le 20 prochain», car 3 cas de figures se présentent à lui, à l'issue de son procès en appel à la Cour suprême.

Comment comprendre que les candidats Khalifa Sall et Karim Wade trainent les pieds pour le dépôt des dossiers de candidature au moment où 11 candidats sont déjà passés au Conseil constitutionnel pour remplir cette formalité ?

C'est deux cas qui peuvent paraitre à priori similaires, mais qui sont un peu différents. Pour le cas de Karim Wade, il est clair que sa candidature devient de plus en plus hypothétique.

Parce que, même les conditions qu'il va falloir remplir pour être candidat à la candidature, Karim Wade a du mal à les remplir. La première chose, c'est qu'il faudrait avoir un casier judicaire vierge et il me semble qu'avec la condamnation par le Crei, il lui sera difficile de disposer de ce sésame, entre autres conditions à remplir.

La deuxième chose, c'est que les informations qu'on a vu ces derniers temps dans la presse font état du fait que Karim Wade n'a pas par devers lui sa carte d'identité nationale. Or, une des autres conditions à remplir, c'est de mettre dans son dossier de candidat à la candidature, la photocopie légalisée de la carte d'identité.

Si vous y ajoutez le fait que Karim Wade, à ce que je sache, n'a pas encore renoncé, à ce jour, à sa nationalité française, et ce que dit la loi est très clair: quand on dispose d'une double nationalité, pour prétendre être candidat à l'élection présidentielle, il faudrait auparavant renoncer à l'autre nationalité.

Donc, si on voit que ces trois conditions ne sont pas remplies aujourd'hui par Karim, on peut comprendre qu'il ne soit pas pressé à aller déposer. Parce que, tout simplement, il y a des limites objectives à l'acte de dépôt de la candidature. Ce qui me fait dire que sa candidature à lui est de plus en plus improbable.

Quant est-il du cas de Khalifa Sall ?

Il y a le cas de Khalifa Sall. Il a été condamné en première instance. Laquelle condamnation a été confirmée en Cour d'appel et il va aujourd'hui en Cour de cassation pour faire invalider la condamnation qu'il a eue en première et deuxième instance.

Ce procès est prévu le 20 décembre prochain et on sera à 6 jours de la date de clôture des dépôts des dossiers des candidats à la candidature.

On peut comprendre que dans le camp de Khalifa Sall, ses partisans soient dans l'expectative de ce qui va se faire le 20 prochain, car il y a 3 cas de figures que se présentent pour Khalifa Sall.

Au cas où sa condamnation sera confirmée, elle sera alors définitive et il ne pourra pas être candidat. Mais, il leur reste une infinie chance que la condamnation n'intervienne pas.

Donc, le deuxième cas de figure, c'est qu'il dispose d'une annulation de la sanction qui a été prononcée en première et deuxième instance, auquel cas il pourra être candidat.

Troisième cas de figure, c'est que le procès dure, et que ça lui laisse la possibilité, d'ici le 26 décembre, de faire acte de candidature. Donc, vous voyez que les deux cas sont assez similaires, mais sont complètement différents.

Quid alors du risque de perdre des parrains avec les doublons possibles ?

Oui, parce qu'en réalité, le principe c'est plus on est en retrait, plus on s'expose à des risques de doublon. C'est vrai que ça c'est un risque que peut courir le camp de Khalifa Sall, même de Karim Wade pour l'analyse de la réception de leurs candidatures.

Ça constitue un handicap qu'il faudrait qu'ils prennent en compte. Parce qu'à ce jour, il y a 11 à 12 candidats qui ont déjà déposé et ça pourrait se poursuivre. Donc, s'ils sont complètement en retrait, ils risquent des cas de doublons.

Mais, je ne sais pas si eux, comme l'ont fait beaucoup de candidats à la candidature, ils se sont donnés une marge de sécurité par rapport aux parrains.

La loi dit clairement qu'il faut entre 0,8 et 1% du fichier électoral, soit entre 53 .000 et 67.000. S'ils sont allés bien au delà de ce nombre, ça peut leur offrir la possibilité, au cas où on opérera des cas de doublon dans leurs listes de parrains, de pouvoir les compenser dans les 48h.

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