Sénégal: Course au dépôt des dossiers de candidature au Conseil constitutionnel - Karim et Khalifa trainent les pieds

13 Décembre 2018

Déjà au premier jour de dépôt des dossiers des candidats à la candidature à l'élection de février prochain, 11 dossiers de candidats ont été déposés au Conseil constitutionnel.

Toutefois, force est de constater que malgré tout l'engouement que cela suscite, des candidats considérés pourtant par certains observateurs comme dangereux pour le régime en place, à savoir Karim Wade et Khalifa Sall, trainent encore les pieds.

Bien avant l'heure, des mandataires de candidats à la candidature pour la prochaine présidentielle, ainsi que des candidats eux-mêmes, n'ont lésiné sur aucun moyen pour faire parti des premiers à déposer leurs dossiers.

Des stratégies de dupe aux empoignades, en passant par la bousculade, les injures, etc. les représentants des candidats ne se sont faits aucun cadeau, allant même jusqu'à passer toute la nuit éveillée aux portes du Conseil constitutionnel.

Au final, dès le premier jour, 11 d'entres les candidats à la candidature ont vu leurs dossiers déposer au Greffe des «7 Sages».

Ainsi donc, par ordre de dépôt, il y a le candidat Macky Sall de Bennoo Bokk Yaakaar (Bby), Idrissa Seck de "Idy 2019", Ousmane Sonko de Pastef, Hadjibou Soumaré de "Hadjibou 2019", Madické Niang de "Madické 2019", Malick Gackou de la "Grande Coalition de l'Espoir/Suxxali Senegaal", Boubacar Camara de "Fippu", Aïssata Tall Sall de "Osez l'avenir", Amadou Seck, Issa Sall du Pur, et enfin Mamadou Lamine Diallo de Tekki. La liste va très certainement s'étendre les prochains jours, d'autant plus que la clôture du dépôt est prévue le 26 décembre prochain.

Sur cette longue liste de candidats à la candidature, ne figurent bien évidemment pas les noms de deux candidats considérés par certains observateurs comme des adversaires redoutables pour le régime de Macky Sall; d'où leurs démêlés avec dame justice.

Il s'agit, en fait, de l'ex-maire de Dakar, Khalifa Sall de la coalition Taxawu Senegaal, et le candidat du Pds, Karim Wade. Cela, alors que certains membres de ces formations étaient bien présents au Conseil constitutionnel, la nuit du lundi 10 au mardi 11 décembre, jour de démarrage des dépôts.

En effet, le maire de Mermoz-Sacré-Cœur, Barthélémy Dias, tout comme celui de Dalifort, Idrissa Diallo, tous proches de Khalifa Sall, étaient bien présents sur les lieux, au moment de la bousculade. Il en est de même pour certains responsables du Pds, à l'image d'Oumar Sarr, Secrétaire national adjoint, qui était sur les lieux au même moment.

Pourquoi n'ont-ils pas bataillé comme leurs adversaires, pour obtenir une bonne position dans l'ordre de dépôt ? Qu'est-ce qui fait qu'ils n'ont pas déposé leurs dossiers ?

Ce qui est constant, c'est que ces deux candidats trainent le pas, alors que le risque de doublons de signatures, avec comme corolaire la perte de parrains, reste bien réel. Pour autant, cela ne semble aucunement ébranler les membres de ces formations politiques, même s'il est vrai que d'ici le 26 décembre, ils ont encore le temps.

A noter, en outre, que lors du démarrage de la campagne des parrainages, les deux candidats susnommés ont tant soit peu trainé les pieds, par rapport à leurs concurrents.

Le Pds n'a lancé sa campagne que le 11 septembre, tout comme Taxawu Senegaal, le 5 septembre, alors que Bby a pris départ le 29 août, deux jours seulement après le démarrage officiel matérialisé par la mise à disposition des fiches officielles de parrainage et du décret fixant la caution et le discriminant.

Il en est de même pour le Pur qui s'y est lancé très tôt. Toutefois, il convient de préciser que cette course au dépôt ne signifie absolument rien, à part que les candidats prennent les devant pour ne pas perdre des parrains, en cas de doublons.

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Plus de: Sud Quotidien

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