13 Décembre 2018

Centrafrique: L'arrestation d'un ex-chef de milice centrafricaine diversement interprétée à Bangui

Les partisans de Patrice-Édouard Ngaïssona, coordinateur général de la milice anti-Balaka, dénoncent un acharnement de la communauté internationale contre les ex-miliciens anti-Balaka.

Homme d'affaire, politique, dirigeant sportif puis chef de guerre. Patrice-Édouard Ngaïssona devra désormais vivre loin de tous ces honneurs.

Même si l'homme de la rue voit dans son arrestation, par la CPI, une réponse à la lutte contre l'impunité, ses sympathisants parlent d'un "complot inexpliqué".

C'est ce qu'estime Igor Lamaka, ancien porte-parole du mouvement dit "des patriotes antibalak" et, actuel porte-parole du Parti centrafricain de l'Unité et du Développement (PCUD) de Patrice-Édouard Ngaïssona :

"Nous ne comprenons pas pourquoi aujourd'hui, la communauté internationale monte un ourdi complot contre les anti-Balaka alors que nous ne sommes pas les agresseurs. Nous sommes des agressés. Les Seleka sont là, ils vivent. D'autres travaillent à la Présidence de la République, ils se pavannent à Ndélé, à Birao et brûlent des maisons à Alindao, Yppi, Bria, Batangafo, partout, mais personne ne les inquiète. Comme nous dénonçons la justice à double vitesse, nous ne faisons pas confiance à la justice de l'homme, mais nous faisons confiance à la justice de Dieu."

La société civile contente mais....

Les organisations de la société civile centrafricaine souhaitent que la justice internationale s'intéresse aux leaders des deux groupes criminels, allusion faite à l'ex-Seleka dont les principaux responsables courent toujours, explique Me Fernand Sylvio Mandé-Djapou, le coordonnateur de la Coalition pour la Cour pénale spéciale.

"On a vu Romboh qui a été arrêté, du groupe anti-Balaka, Édouard Ngaïssona, nous souhaiterons que Ali Darassa de l'UPC soit aussi arrêté, que Noureddine Adam et Abdoulaye Hissein du FPRC soient aussi arrêtés. Ils sont nombreux, même Sidiki (3R) et Nimery Matar (Force) au niveau de PK5 (Bangui), ces gens qui ont commis des exactions sur le peuple centrafricain, il est important de les arrêter pour ne pas qu'il y ait deux poids deux mesures. Les enjeux c'est du côté des victimes. Nous voulons la justice. Que la justice soit faite. Nous voulons savoir ce qui s'est passé. Pourquoi on nous a tués, pourquoi on nous a massacrés. Pourquoi des crimes de guerre, des crimes de génocide, des crimes contre l'humanité, car c'est là le but, c'est les chefs d'accusation."

L'arrestation de Patrice-Édouard Ngaïssona, le 12 décembre en France, sonne comme un rouleau compresseur contre les responsables présumés de la crise centrafricaine.

À Bangui, les autorités judiciaires se refusent pour l'heure à tout commentaire.

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