Centrafrique: Le Conseil de sécurité proroge le mandat de la MINUSCA et renforce son appui au processus politique

Photo: Edouard Dropsy pour Human Rights Watch
Un homme inspecte sa cabane incendiée le 12 octobre 2016 au camp de déplacés de l’Évêché, République centrafricaine. Les forces de la Séléka ont brûlé au moins 435 huttes dans le camp.
14 Décembre 2018

Le Conseil de sécurité a renouvelé jeudi jusqu'au 15 novembre 2019 le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA). En adoptant, la résolution 2448, les 15 membres du Conseil ont renforcé l'appui que la Mission fournit au processus politique dans le pays. La Chine et la Russie se sont abstenus lors du vote sur la résolution.

Selon cette résolution, l'objectif stratégique de la MINUSCA est d'aider à la création des conditions politiques, sécuritaires et institutionnelles permettant de « réduire durablement la présence de groupes armés et la menace qu'ils représentent en adoptant une approche globale et une position proactive et robuste ».

La Mission onusienne se voit par ailleurs assignée trois tâches prioritaires, la première étant la protection des civils. La MINUSCA devra ainsi protéger la population civile placée sous la menace de violences physiques, « sans préjudice de la responsabilité principale des autorités centrafricaines », et, avec le concours de ces dernières, prendre des « mesures actives » pour anticiper, écarter et répondre efficacement à toute menace grave ou crédible à l'encontre de la population civile.

Au titre de la seconde tâche prioritaire, - bons offices et appui au processus de paix -, la Mission devra, selon la résolution, renforcer son rôle à ce processus dans le cadre de sa participation à l'Initiative africaine, tout en favorisant un processus de paix « plus cohérent. » Elle devra offrir ses bons offices pour lutter contre les causes profondes du conflit et appuyer les efforts pour traiter de la justice transitionnelle.

La troisième priorité de la MINUSCA sera la mise en place de « conditions de sûreté favorables à l'acheminement immédiat, complet, en toute sécurité et sans entrave de l'aide humanitaire ». La résolution autorise par ailleurs la Mission à fournir un appui à l'extension de l'autorité de l'État, au déploiement des forces de sécurité, et au maintien de l'intégrité territoriale.

A cette fin, la Mission pourra fournir un « appui logistique limité » au redéploiement progressif d'un nombre limité d'unités des forces armées centrafricaines formées ou certifiées par la mission militaire de formation de l'Union européenne en République centrafricaine (EUTM-RCA), « sans que cela n'exacerbe les risques pour la stabilisation du pays, les civils, le processus politique, les soldats de la paix et son impartialité. »

Enfin, la résolution prévoit que le Secrétaire général de l'ONU prendra toutes les mesures qui s'imposent pour s'assurer que la MINUSCA respecte pleinement la politique de tolérance zéro de l'ONU à l'égard de l'exploitation et des atteintes sexuelles. Les antécédents de tous les membres du personnel de la Mission devront notamment être vérifiés afin de s'assurer qu'ils n'ont eu aucun comportement sexuel répréhensible.

A noter que l'effectif maximal autorisé de la MINUSCA est fixé à 11.650 militaires, dont 480 observateurs militaires et officiers d'état-major, et 2.080 policiers, dont 400 policier hors unités constituées et 1.680 membres d'unités de police constituées, ainsi que 108 agents de l'administration pénitentiaire.

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