14 Décembre 2018

Afrique de l'Ouest: G5 Sahel - La relance des opérations prévue début 2019

L'Assemblée interparlementaire de la région a plaidé à Paris, en France, en faveur d'un contrôle démocratique des partenariats civils et militaires dans la zone.

Avec le soutien du président du parlement européen, des recommandations ont été adoptées autour d'une meilleure gouvernance du partenariat qui passe par un véritable contrôle parlementaire de l'utilisation de l'aide internationale. Les attentes de la population de la région sahélienne ont été rappelées aux bailleurs de fonds, chargés de répondre à ces attentes et de s'engager concrètement en faveur d'un contrôle parlementaire renforcé. Il a été décidé la reprise des opérations dès le début de l'année 2019.

Les pays du G5 ont relancé un vibrant appel à la communauté internationale pour que les quatre cent vingt millions d'euros de dons promis à la force soient versés. Chassés du Mali, les groupes djihadistes ont pu regagner du terrain dans le pays, au Burkina Faso et au Niger, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires. Cette dégradation de la situation a conduit le G5 Sahel à obliger les pays membres et leurs alliés à réactiver, en 2017, leur projet de force conjointe, une condition sine qua non de la stratégie française pour la bande sahélo-saharienne. Elle devrait compter sept bataillons, soit cinq mille hommes (Mali, Niger, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso), avec pour mission la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et le trafic d'êtres humains.

Après l'attaque de Sévaré, la force conjointe G5 Sahel a établi un nouveau quartier général à Bamako. Et il a fallu à son nouvau commandant procéder à des évaluations afin de définir « l'orientation stratégique et géographique de celle-ci, de manière à déterminer la nature, la localisation et le calendrier de ses opérations, une fois qu'elles auront repris », a expliqué le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dans un rapport publié en novembre.

A en croire le général français François Lecointre, chef d'état-major des Armées, « la force conjointe du G5 Sahel s'apprête à reprendre ses opérations très prochainement », ajoutant :« Le général Hanena [Ould Sidi] sait qu'il peut relancer des opérations et il va le faire sans doute dès le début de l'année prochaine et éventuellement avant la fin de l'année » .

Dans son dernier rapport, Antonio Guterres a relevé: « Sur le total des montants annoncés, 45,9 % [soit quelque 190,76 millions d'euros] ont été soit décaissés, affectés à des procédures de passation de marchés en cours et, 6,1 % [soit 25,30 millions d'euros] ont été affectés à des procédures qui vont démarrer dans un avenir proche. Le restant des contributions annoncées, d'une valeur de 199,49 millions d'euros, n'a toujours pas été affecté ».

D'où les relances régulières du G5 Sahel pour rappeler les donateurs à leurs promesses. « Il ne faut pas attendre que l'un soit fait pour que l'autre démarre. On est tous persuadés, le général Hanena en tête, qu'il faut relancer tout de suite les opérations et que cela encouragera la donation et les donateurs internationaux », a toutefois souligné le général Lecointre.

Les problèmes de financement ne sont pas les seuls à affecter les efforts de cette force. « De fortes lacunes en matière de formation et de capacités, l'absence de bases opérationnelles sûres et fortifiées et le manque de fonds persistent à ralentir le déploiement et l'équipement des contingents et de la composante Police. Les forces de sécurité nationales des pays du G5 Sahel sont constamment mises à rude épreuve puisqu'elles doivent parer à toute une série de menaces multiformes à la sécurité tout en assurant la sécurité et en menant des opérations militaires à l'échelle nationale », a expliqué le secrétaire général de l'ONU.

« Parallèlement, elles contribuent à 40 % aux effectifs des contingents déployés de la Minusma, tout en participant à une multitude d'initiatives conjointes, telles que le partenariat militaire de coopération transfrontalière, qui a servi de cadre aux opérations conjointes transfrontalières menées par les pays du G5 Sahel et les forces de l'opération Barkhane depuis 2015, la force mixte Tchad-Soudan, le "G4" nouvellement créé et la Force multinationale mixte de lutte contre Boko Haram », a-t-il poursuivi.

Aussi, « un an après l'obtention par la force conjointe de sa capacité opérationnelle initiale, la lenteur et la lourdeur des procédures de passation des marchés ont retardé la livraison du matériel requis d'urgence, notamment des véhicules blindés et du matériel de protection individuelle » tandis que « la Minusma continue de faire face à un déficit de financement d'environ 27,5 millions de dollars, qui ne lui a pas permis de fournir le soutien génie qu'elle était pourtant tenue, de par son mandat, d'apporter et entraînera de nouveaux retards dans l'opérationnalisation de la force conjointe », a indiqué le secrétaire général des Nations unies.

Afrique de l'Ouest

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