Congo-Kinshasa: Michelle Bachelet dénonce les violences à moins de 10 jours des élections

14 Décembre 2018

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a exprimé sa grande inquiétude face aux violences perpétrées cette semaine contre des partisans de l'opposition dans au moins trois provinces de la République démocratique du Congo (RDC) à moins de 10 jours des élections générales.

« Je suis profondément préoccupée par les informations faisant état d'un usage excessif de la force, y compris de balles réelles, par les forces de sécurité contre les rassemblements de l'opposition », a dit Michelle Bachelet dans un communiqué.

« À seulement quelques jours des élections cruciales qui se tiendront en République démocratique du Congo, il est primordial que les autorités veillent à ce que les droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique soient pleinement protégés et qu'elles prennent toutes les mesures possibles pour prévenir les actes de violence », a poursuivi la Haut-Commissaire, insistant sur le droit de tous les candidats d'être « en mesure de tenir des réunions et des rassemblements pour faire campagne en faveur de leur élection ».

Les élections présidentielle et législatives en RDC sont prévues le 23 décembre. Mais la campagne électorale est déjà rattrapée par les violences dirigées principalement contre les deux candidats de l'opposition à la présidence, Félix Tshisekedi et Martin Fayulu, et leurs partisans.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a indiqué qu'au moins trois hommes ont été tués mardi et plusieurs autres blessés après que la police aurait tiré à balles réelles contre un rassemblement de l'opposition à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga. Le convoi du candidat Martin Fayulu aurait également été attaqué par la police. Au cours des affrontements qui ont suivi entre partisans de différents partis, sept véhicules, dont un appartenant à la Police nationale congolaise, ont été détruits et le bureau du procureur a été incendié.

Inquiétudes face à « l'utilisation de discours incendiaires par les dirigeants politiques »

Jeudi, à Mbuji Mayi, dans la province du Kasaï oriental, un garçon de 16 ans aurait été tué par un soldat des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Le gouverneur de la province a déployé des soldats et des policiers sur plusieurs routes pour empêcher la population de saluer un autre candidat à la présidence, Felix Tshisekedi.

En outre, la cheffe du HCDH s'est dite alarmée par les informations faisant état « de l'ingérence de groupes armés dans les campagnes électorales ». Des menaces ont été proférées contre des partisans de plusieurs partis politiques, notamment ceux appartenant à la majorité présidentielle, en particulier au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Des partisans de l'opposition auraient également perturbé les réunions de campagne organisées par les candidats de la majorité présidentielle dans les provinces du Kwilu et du Kasaï.

Mme Bachelet a dénoncé « l'utilisation de discours incendiaires par les dirigeants politiques ». « Dans un environnement électoral déjà tendu, j'exhorte le gouvernement à faire clairement comprendre que les menaces et la violence contre les opposants politiques ne seront pas tolérées », a martelé la Haut-Commissaire. La cheffe des droits de l'homme de l'ONU a demandé aux autorités de veiller à ce que ces incidents fassent rapidement l'objet d'une enquête et à ce que « les droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique - conditions essentielles pour assurer la crédibilité des élections - soient pleinement protégés ».

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