15 Décembre 2018

Cameroun: Crise dans la zone anglophone - Vers de prochaines libérations

Au Cameroun, le tribunal militaire de Yaoundé a confirmé, vendredi 14 décembre, la prochaine libération de personnes poursuivies dans le cadre de la crise anglophone. Cette annonce fait suite au décret de jeudi dernier annonçant l'arrêt des poursuites contre 289 individus incarcérés.

Cette audience, au tribunal militaire de Yaoundé, aura été expéditive. A peine vingt minutes et la centaine de personnes qui étaient poursuivies devant cette juridiction n'ont pu s'empêcher d'exprimer leur joie en chantant alors qu'elle regagnaient pour quelques heures encore leur cellule pour les formalités liées à leur libération.

Chez les avocats aussi, l'heure était au soulagement. « Aujourd'hui, tout le monde était là pour attendre que le tribunal militaire mette en application la décision de mise en liberté de certaines personnes qui étaient poursuivies devant la juridiction militaire du Cameroun, explique l'un d'eux à RFI. On a ouvert le bal devant ce tribunal militaire de Yaoundé, de la région du centre, on va le faire dans d'autres régions du Cameroun. »

Geste de détente

Spécialement venu de Douala pour assister à l'audience, Anicet Ekanè, président de Manidem, un parti politique d'opposition, a lui aussi tenu à saluer ces libérations qui participent, de son point de vue, à détendre la crispation autour de cette crise : « Les gens sont contents de ce geste de détente, je trouve que ça participe à planter le décor d'une solution globale politique de cette crise. Il y a une crise du pays mais qui concerne les régions du nord-ouest et du sud-est. Vous savez, la crise anglophone, comme on l'appelle, stresse tout le pays. »

Pour Maximilienne Ngo Mbé, directrice du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), présente également au tribunal militaire de Yaoundé, le geste du président ne suffit pas pour régler la crise qui secoue la région anglophone. « Pour nous, c'est déjà quelque chose qu'il faut saluer. On pense qu'il y a au moins mille personnes qui croupissent dans les prisons. [Mais] nous sommes arrivés à un stade de la crise où on ne peut plus parler de dialogue, il faut discuter. Il faut au préalable, d'abord, que le chef de l'Etat mette en place un comité restreint où on va exclure tous les fonctionnaires qui ont été incompétents. Il fallait discuter aussi avec le groupe d'Ayuk [du nom du leader séparatiste], leur demander qu'est-ce qu'ils veulent, quel est le problème ? » Pour Maximilienne Ngo Mbé, c'est une simple question de démocratie.

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