14 Décembre 2018

Burkina Faso: Pr Mahamade Sawadogo à propos de l'incivisme de la classe dirigeante - « Nous constatons un écart important entre les plus pauvres et les plus riches »

Dans le cadre de la commémoration des 20 ans de l'assassinat du journaliste Norbert Zongo, le mouvement le Balai Citoyen a organisé, le vendredi 13 décembre 2018 au centre Cardinal Paul Zoungrana, un panel sur le thème : « Lutte contre l'incivisme au sommet de l'Etat : Norbert Zongo, un exemple de combat d'hier à aujourd'hui ».

Les panelistes au nombre de trois ont tous été unanimes que le combat contre l'incivisme est devenu une actualité dans notre pays. Selon le Pr Mahamade Sawadogo qui traitait de la question de l'incivisme de la classe dirigeante, celle-ci se manifeste sur le terrain de la collecte des ressources, notamment financières pour permettre à la collectivité de développer des projets en faveur de ses membres. « Cet incivisme se trouve notamment sur le terrain des impôts, des frais de douane et également de la fuite des capitaux », a-t-il dit d'entrée. Pour étayer ses propos, il a pris deux exemples qui illustrent, selon lui, des cas d'incivisme au sommet de l'Etat. « Le premier exemple, c'est celui de Telmob qui devait depuis 2016, 11 milliards de F CFA de frais de douane à l'Etat burkinabè.

Finalement, il y a eu des arrangements. Et je crois savoir que la somme qui a été payée est nettement en deçà de celle qui est due. Le deuxième exemple est celui des sociétés minières qui refusent jusque-là de payer les taxes du fonds sur l'eau et surtout, les taxes du fonds pour le développement local qui a été voté depuis le Conseil national de Transition (CNT) et qui devait permettre aux collectivités locales d'avoir des ressources pour initier des projets en faveur des citoyens », a-t-il poursuivi. A l'en croire, le résultat de tout ce laxisme au sommet de l'Etat a pour corollaire le développement de l'injustice sociale et la montée de la contestation sociale. « Le développement de l'incivisme de la classe dirigeante a pour effet de susciter un sentiment d'injustice sociale, de marginalisation, de frustration et de susciter des protestations. Nous constatons un écart important entre les plus pauvres et les plus riches.

Et donc la pauvreté a tendance à stagner sinon à se reproduire. Et face à cela, il y a un mouvement contestataire qui se développe. Cela se traduit par des mouvements spontanés, mais qui peuvent également prendre la forme de manifestation organisée, de grève ou même la forme d'insurrection telle que celle que nous avons connue en 2014 au Burkina Faso », a-t-il conclu. Le journaliste Yacouba Ladji Bama a, pour sa part, volé dans les plumes du pouvoir MPP qu'il a traité d'être une réincarnation du CDP. Selon ses propos, le changement tant espéré par le peuple depuis l'avènement de ce parti tarde à se faire sentir dans le quotidien des Burkinabè. « Et pire, le pillage sous le pouvoir MPP est irrespectueux», a-t-il laissé entendre. Et de lâcher cette phrase sous forme de mise en garde : « J'ai décidé de choquer à travers mes différentes interventions. Que ce soit dans la presse ou sur les réseaux sociaux. Advienne que pourra». Le Pr Etienne Traoré a, quant à lui, affirmé que le phénomène de la corruption est devenu de nos jours un fait banal. « La corruption a pris une telle ampleur qu'on pense que tout le monde est corruptible dans notre pays. Il urge donc que chacun s'y mette afin de lutter efficacement contre ce fléau».

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