16 Décembre 2018

Congo-Kinshasa: Attaque contre un entrepôt de la Céni, à Beni

En République démocratique du Congo (RDC), une attaque contre l'entrepôt principal de la Commission électorale nationale internationale (Céni) a eu lieu dans la nuit de samedi à ce dimanche 16 décembre, à Beni. L'armée et la police ont repoussé les assaillants. La tentative de destruction du matériel électoral est intervenue deux jours après l'incendie du dépôt central de la Céni, à Kinshasa.

Les assaillants ont fait irruption au-delà de minuit, vers 1h30 du matin, selon des sources à Beni. Ils ont alors tenté de détruire l'entrepôt principal de la Céni qui est situé au centre-ville, en face de la résidence du président de la République. La riposte a été immédiate.

« Les unités de la police et de l'armée - qui venaient d'être renforcées - ont opposé de la résistance », précise Mak Hazukayi, porte-parole des Forces armées dans la région, avant d'ajouter que « devant la puissance de feu, les Maï-Maï ont évacué les lieux sans parvenir à leurs fins ».

L'armée gouvernementale se veut rassurante.

« Pas de morts, pas de blessés et pas non plus de dégâts matériels », déclare le porte-parole de l'armée.

L'attaque contre l'entrepôt de la Céni est intervenue après un autre incident, la veille, sur la route qui mène vers Komanda, en Ituri. Convoyés par des militaires de la Monusco, des membres de l'équipe de surveillance de l'épidémie Ebola sont tombés dans une embuscade tendue par des présumés rebelles ougandais de l'ADF. A l'issue des affrontements violents, les casques bleus de la Monusco sont parvenus à libérer un groupe de médecins pris en otage par les présumés ADF.

L'incendie de l'entrepôt de la Céni à Kinshasa suscite des questions

Trois jours après l'incendie qui a ravagé l'entrepôt principal de la Céni, à Kinshasa, le mystère reste entier sur l'origine du sinistre et l'ampleur des dégâts. 80% des machines à voter, destinées à la capitale-province, sont parties en fumée. Les autorités congolaises assurent qu'une enquête a été ouverte mais le porte-parole du gouvernement et le FCC (Front commun pour le Congo) n'ont pas attendu les conclusions de la justice pour accuser le candidat de l'opposition, Martin Fayulu, d'être derrière cet incendie.

Pour certaines organisations de la société civile, comme l'Asadho, ce drame suscite de nombreuses questions.

Joint par RFI, Jean-Claude Katende, président de cette ONG congolaise de défense des droits de l'homme, appelle à une enquête indépendante et dénonce des accusations de nature à influencer la justice.

« Les questions d'inquiétude, pour nous, c'est le fait que certains responsables du FCC aient déjà identifié les auteurs, c'est-à-dire la coalition Lamuka et monsieur Martin Fayulu. C'est totalement inacceptable dans la mesure où il peut toujours arriver que cet incendie soit organisé par d'autres personnes que les personnes identifiées par le FCC. Quand vous regardez toutes les images qui ont été diffusées - photos comme vidéos - on ne nous a pas montré les kits des machines à voter incendiés ou calcinés. Cela aussi, c'est un élément qui ne nous rassure pas. Un autre élément, c'est le fait que la première personne à divulguer l'information de l'incendie, c'est le conseiller en matière de diplomatie du président Joseph Kabila. Comment, lui, a-t-il eu cette information et pourquoi l'a-t-il diffusée avant tout le monde ? Cela nous inquiète encore plus », a-t-il souligné.

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