17 Décembre 2018

Sénégal: Sédhiou - Lutte contre les violences basées sur le genre

Plusieurs acteurs du secteur médical et socio-éducatif de la région de Sédhiou ont pris part, samedi 15 décembre, au forum de sensibilisation sur les violences basées sur le genre.

Les grossesses et mariages précoces ainsi que l'excision sont les pires formes de violences toujours actuelles dans la région de Sédhiou, selon les techniciens de la santé. En guise d'émulation et de success stories (modèles de réussite), des prix ont été remis aux meilleures filles qui ont brillé lors des derniers concours de l'excellence.

C'est en effet une série d'activités de mobilisation, de sensibilisation et de communication initiée par la région médicale de Sédhiou en partenariat avec UNFPA, l'association des sages-femmes d'Etat de la région et l'Inspection d'académie de Sédhiou sur les violences basées sur le genre.

Les grossesses et mariages précoces ainsi que l'excision sont les pires formes de violences les plus notées dans la région assorties des abandons scolaires.

Faisant l'état des lieux, le Dr Abdoul Khadre Sow, gynécologue à l'EPS 1 de Sédhiou, déclare qu' « à l'hôpital de Sédhiou, nous avons enregistré 950 accouchements à voie basse comme par césarienne.

Et parmi ces accouchements, les 110 sont par voie basse pour les filles de moins de 19 ans et il y a 92 césariennes, toutes des jeunes filles de moins de 19 ans. Et si on fait le rapport, on tire un taux de 21% des femmes qui accouchent dans notre structure, ce sont des femmes âgées de moins de 19 ans ».

Les conséquences sont multiformes et dramatiques si l'on en croit toujours Dr Sow. « En général, ce sont des grossesses non désirées et ces filles sont rejetées et marginalisées par la société et sans moyen de prise en charge.

Elles n'arrivent même pas à se déplacer vers les structures de santé où elles pourront facilement être prises en charge. Et étant donné que ce sont des grossesses à risque, il y a plusieurs conséquences médicales. Il y a ce qu'on appelle les dépressions du post-partum et ce sont des filles qui peuvent être déprimées après l'accouchement ».

De la maladie de la honte à la mort !

Dr Abdoul Khadre Sow rajoute que sur le plan anatomique, « pour que le bassin soit mature, il faut l'âge de 18 ans et en deçà, ce sont des accouchements dystociques.

Ce qu'on redoute le plus souvent c'est ce qu'on appelle une rupture utérine. Parfois, il peut atteindre les gros vaisseaux et en général c'est la mort. Il peut arriver aussi qu'on enlève l'utérus et c'est dramatique pour la jeune fille.

C'est vraiment au cas par cas. Il y a aussi de déch

irures complexes et compliquées et la femme va vivre une communication entre le rectum et le vagin. Les fistules obstétricales sont vraiment très handicapantes et sont appelées par certains maladie de la honte (ndrl) ». Dans la soirée, un concert géant a été offert à un public nombreux et animé par des artistes locaux ainsi que Sidy Diop et Fafadi.

A titre de modèles de réussite scolaire des filles, huit élèves, toutes de très jeunes filles des trois départements de la région ont reçu leur distinction sous les encouragements de l'inspecteur d'académie Cheick Faye, du médecin-chef de région Amadou Yéri Camara et de l'adjoint au gouverneur Alioune Badara Mbengue, chargé des affaires administratives.

Sénégal

Dr. Moet de l'OMS – « Notre objectif est d'éliminer complètement la transmission mère-enfant du VIH »

En novembre 2015, les pays de la région Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC) se sont engagés… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.