Congo-Kinshasa: Inquiétude à Béni en RDC avant la présidentielle de dimanche

Photo: Radio Okapi
Des véhicules calcinés dans un entrepôt de la Commission électorale nationale indépendante à Kinshasa, jeudi 13 décembre 2018. Capture d’écran Youtube
18 Décembre 2018

Une nouvelle attaque repoussée contre un bâtiment de la Céni provoque l'inquiétude avant la présidentielle, même si la Céni assure que tout va bien.

C'est une course contre la montre en RDC. La présidentielle doit avoir lieu dimanche et le matériel doit d'ici là être acheminé partout sur les plus de 2 millions de kilométres carrés que compte le territoire. Ce mardi du matériel électoral en provenance d'Afrique du Sud est en cours d'acheminement et la Céni assure qu'il n'y a aucun retard. Mais dimanche encore, un de ses bâtiments était attaqué à Béni, après l'incendie d'un autre entrepôt à Kinshasa la semaine dernière.

Majorité et l'opposition se renvoient la responsabilité

Cette attaque à Béni fait ainsi planer des doutes sur le bon déroulement des élections dans cette partie du pays. Pendant que les habitants se demandent s'ils vont pouvoir aller voter, les hommes politiques se renvoient la responsabilité de l'attaque de l'entrepôt de la Céni. "Il doit y avoir un lien entre ceux qui font des déclarations comme ça et les Maï Maï qui s'attaquent aux édifices de la Céni afin qu'il n'y ait pas d'élections", déclare par exemple Husseik Nembongo, porte-parole du Front Commun pour le Congo (FCC) à Beni, faisant donc une corrélation avec les déclarations de la coalition Lamuka qui soutient l'opposant Martin Fayulu.

Le candidat qui ne voulait pas des élections avec les machines à voter a finalement fait marche arrière. "Nous au FCC nous sommes prêts pour aller aux élections", ajoute ensuite Husseik Nembongo.

Pour Muhindo Faustin, porte-parole de la coalition Lamuka, c'est le FCC, qui soutient le dauphin du président Kabila, qui serait l'auteur de l'attaque contre l'entrepôt de la Céni Beni car celui-ci ne voudrait pas aller aux élections. "C'est le FCC qui a monté ce coup car ils n'ont aucun intérêt que les élections aient lieu", estime-t-il. "Ils savent d'avance qu'une fois que l'élection se sera déroulée et quels que soient les moyens utilisés, même avec leurs machines à voler, ils ne sauront pas voler suffisamment car on aura fait une bonne résistance."

Des habitants inquiets

Pendant que les responsables politiques se lancent ces accusations, les habitants de Beni s'inquiètent de la tenue des élections qui sont pour eux le seul moyen de changer les choses dans leur région durement frappée par la violence. "Comment peut-aller voter en état de guerre ?", interroge un habiant. Un autre raconte les crépitements de balles quotidien. "Ça ne va pas. Nous avons besoin de quelqu'un qui puisse nous assurer la sécurité, que nous puissions marcher de 18h à 22h, que nous soyions de sortir n'importe quand", dit une habitante.

L'incertitude quant au bon déroulement des scrutins est donc à son paroxysme avec des rumeurs concernant une éventuelle attaque des rebelles ADF ou des milices Maï Maï la veille des élections.

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