17 Décembre 2018

Afrique: COP24 - La communauté internationale adopte les règles d'application de l'accord de Paris

Les cent quatre-vingt-seize pays réunis pendant deux semaines à Katowice, en Pologne, ont approuvé le 15 décembre, à l'issue d'âpres négociations, un corpus de règles censées donner vie au premier traité international (non contraignant) sur le climat, conclu en 2015.

Le président polonais, Michal Kurtyka, s'est réjoui de l'adoption du texte qui permet au monde d'avancer dans la concrétisation des ambitions de l'accord de Paris, évoquant « un moment historique ». Approuvé au terme de la 24e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 24) ayant joué les prolongations, le document de plus d'une centaine de pages est le résultat de trois ans de travail extrêmement technique par des dizaines d'experts à travers le monde. Il est le fruit de deux années de discussions techniques et laborieuses, contrariées par des vents contraires, comme l'élection de dirigeants climato-sceptiques, tel le président américain, Donald Trump, en tête.

Pour techniques qu'elles soient, ces règles de mise en œuvre sont essentielles afin d'assurer un bon fonctionnement de l'accord de Paris dont l'objectif est de limiter le réchauffement climatique nettement en-deçà de 2°C, et si possible à 1,5°C, ainsi que pour permettre une confiance réciproque entre les Etats. Il s'agissait de trouver une voie acceptable entre les exigences des pays développés d'un suivi strict des engagements et la demande des pays en développement d'une certaine flexibilité.

L'autre sujet de la COP24 était le relèvement de l'ambition auquel devait conduire au dialogue décidé l'an dernier lors de la COP23 à Bonn. Ce «rehaussement» est nécessaire au regard des engagements pris jusqu'ici par les États, lesquels engagements conduisent la planète sur une trajectoire d'un réchauffement de +3°C. Sur ce plan toutefois, le sursaut d'ambition attendu par les États les plus touchés par les changements climatiques ainsi que par les ONG ne s'est pas produit au cours de ces assises. En effet, la conférence n'a pas donné lieu à de nouveaux engagements à relever prochainement.

« Ce fut donc une COP techniquement difficile mais, l'ampleur des négociations sur les règles d'application de l'Accord de Paris ne masque pas le manque de volonté politique des Etats pour accroître leurs efforts de réduction des émissions. Il faut que les États se réveillent et s'engagent dans une dynamique domestique et collective », a déclaré Lola Vallejo, directrice du programme climat de l'Iddri.

Dans un rapport publié en octobre, les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat alertaient sur les douze ans qui restent pour limiter le réchauffement planétaire bien en-dessous de 1,5°C, voire 2°C. Une limite au-delà de laquelle plusieurs petites îles et de nombreuses villes côtières pourraient être submergées par la montée du niveau des océans. Tous les pays ont approuvé les résultats du rapport. Et donc l'extrême urgence à agir.

Pourtant, les discussions ont vu confrontations, avertissements et blocages à Katowice. Les pays les plus vulnérables ont réclamé plus d'efforts financiers et politiques, pour garantir leur survie.

Dans les dernières heures, le Brésil a joué le fauteur de troubles. Le pays a réussi à faire repousser la COP 25, prévue au Chili l'an prochain, les décisions sur l'application de « l'article 6 » de l'accord de Paris. En clair, comment organiser les échanges de quotas d'émissions de CO2 maintenant que chaque pays s'est engagé à réduire ses émissions? En dernière minute, la Turquie a aussi essayé d'obtenir ce qu'elle demande depuis plusieurs années: passer du statut de donneur à receveur de financements.

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