18 Décembre 2018

Burkina Faso: Rencontre gouvernement /CCVC /Chrysogone Zougmoré - « Nous sortons insatisfaits »

Le Premier ministère a été le cadre d'une rencontre, le lundi 17 décembre 2018, entre une délégation de la Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l'impunité et pour les libertés (CCVC) et une délégation gouvernementale dirigée par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba. Il était question de négociations sur les revendications de la CCVC qui ont achoppé sur le prix du carburant.

« Nous sortons, au niveau de la CCVC, insatisfaits de cette rencontre dans la mesure où le gouvernement n'a pas accédé au premier point, le point principal de notre plateforme revendicative qui est le retour des prix des hydrocarbures avant la décision gouvernementale du 8 novembre 2018 », a déclaré Chrysogone Zougmoré, au nom de la Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l'impunité et pour les libertés (CCVC).

C'était le 17 décembre dernier, au sortir du deuxième round de discussions qui a duré près de 8 heures de temps entre la CCVC et une délégation du gouvernement conduite par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba. La première rencontre a eu lieu le 10 décembre 2018.

Il faut relever que la plateforme revendicative compte 7 points, et pour la CCVC, il ne s'agit pas de faire une sommation mécanique de points d'accord et de désaccord parce que cela n'a pas de sens, fait savoir Chrysogone Zougmoré, avant d'attirer l'attention en indiquant que les points 2 à 6 de leur plateforme revendicative constituent, pour la coalition, les éléments de suggestions faites au gouvernement pour accéder au point principal de leur revendication.

A ce niveau, il s'agit de la relecture des structures des prix, de l'audit de la SONABEL et de la SONABHY, de l'audit du secteur minier, de l'identification des biens détournés, du recouvrement des créances dues à l'Etat par les dignitaires du régime.

Selon Chrysogone Zougmoré, il y a de l'argent quelque part à aller chercher mais pas dans la poche des contribuables ni des consommateurs de carburant.

Tout en prenant acte de ce que le gouvernement n'accède pas à ce point, la délégation de la CCVC a informé la presse que les débats sont terminés sur l'ensemble des 7 points de leur revendication et qu'elle ira faire le point de la situation à sa base et voir dans quelle mesure envisager d'autres actions.

S'il y a eu des arguments de part et d'autre pour justifier les positions, le porte-parole de la coalition estime que, se référant à la révision de la structure des prix, ses arguments ont été imparables et le gouvernement n'en a pas tenu compte. C'est ainsi que la CCVC invite le gouvernement à revoir sa copie afin d'accéder à son principal point de revendication.

Le gouvernement se déclare satisfait

Réagissant à la CCVC, le porte-parole du gouvernement, Remis Dandjinou, ministre de la Communication, indique que le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a salué l'esprit d'ouverture et de dialogue qui a animé les différentes rencontres d'échanges.

Au sujet de l'augmentation des prix du carburant, il relève qu'il y a un nouveau type de régulation mis en place, qui doit permettre d'avoir une évaluation d'ici fin janvier 2019 si la tendance à la baisse se confirme.

Et d'expliquer que si le Burkina Faso a connu une augmentation d'une telle importance, c'est que pendant deux ans, le gouvernement a conservé les prix à l'identique.

Concernant les audits de la SONABEL, de la SONABHY, les dus des anciens dignitaires, Remis Dandjinou confie que la coalition a fait des propositions qui ont eu des réponses de la part du gouvernement.

Celui-ci a accepté de prendre en compte un certain nombre de points dont les audits des deux sociétés d'électricité et d'hydrocarbures qui ont été déjà auditées, affirme le porte-parole, afin de parfaire les éléments. Ajoutant que le gouvernement a donné des informations sur les différents audits sur ces sociétés, soit par l'ASCE, soit par l'Inspection des finances du ministère des Finances.

Pour les aspects de chèques « en bois » déposés par des contribuables, le gouvernement a apporté des réponses, souligne son porte-parole, qui doivent être corroborées par une vérification des chiffres afin d'être en parfaite entente avec leur partenaire de la CCVC.

Malgré le fait de n'avoir pas trouvé un accord sur le point essentiel de la coalition, Remis Dandjinou évoque la satisfaction du gouvernement, tout en estimant que les apports de la CCVC doivent lui permettre d'avancer sur les autres points.

Ensemble avec la coalition, ils ont également pris langue sur la question des atteintes aux libertés démocratiques et syndicales afin de poursuivre les échanges pour s'accorder sur les différents concepts et terminologies.

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