Madagascar: Second tour de la presidentielle - Il faut éviter qu'il pleuve sur la Grande Ile

Les candidats Andry Rajoelina (à dr) et Marc Ravalomanana
17 Décembre 2018

L'affiche du second tour de la présidentielle malgache est connue. Il opposera Andry Rajoelina à Marc Ravalomanana. A quelques heures donc de l'ouverture des bureaux de vote, la Grande Ile retient son souffle. C'est le moins que l'on puisse dire.

Car, les deux hommes qui s'affrontent dans les urnes, sont connus pour être des ennemis jurés. En fait, on ne le sait que trop bien. Andry Rajoelina a succédé à Marc Ravalomanana par un coup d'Etat, ainsi que l'avait qualifié la communauté internationale qui, on se rappelle, les avait écartés de la présidentielle de 2013, qui avait vu l'arrivée au pouvoir de Hery Rajonarimampiana.

C'est dire si le second tour du 19 décembre prochain a un parfum de revanche pour Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana qui cherchent ainsi à se régler des comptes personnels, oubliant volontiers que le peuple malgache qui se retrouve ainsi pris en otage, les a déjà vus à l'œuvre.

En tout cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que les ingrédients d'une crise post-électorale sur la Grande Ile, sont déjà réunis, tant la chienlit est palpable entre les deux frères ennemis qui, au cours de la campagne électorale, n'ont pas manqué de se lancer des piques acerbes.

C'est pourquoi la Commission électorale et la communauté internationale doivent veiller au grain pour que la course à l'échaloppe qui se profile ne débouche sur un drame.

Il faut éviter qu'il pleuve sur Antananarivo comme ce fut le cas en 2001-2002, où un candidat, en l'occurrence Marc Ravalomanana, avait revendiqué la victoire, provoquant une crise politico-militaire qui, en plus d'avoir duré sept mois, avait laissé une centaine de macchabées sur le carreau.

Les Malgaches n'ont pas le droit de décevoir

Pour cela, il faudra que l'écart entre les deux candidats soit net, afin d'éviter tout soupçon de fraude ou de manipulation. Car, il faut le dire, Madagascar n'a pas besoin d'une nouvelle crise post-électorale et cela, après surtout un premier tour et une campagne électorale globalement civilisés qui n'ont enregistré ni couac ni dérapage.

En clair, les Malgaches n'ont pas le droit de décevoir ; eux qui ont donné une belle leçon de démocratie au reste du monde en adoptant un texte qui exige du président sortant, candidat à sa propre succession, qu'il cède ses pouvoirs au président du parlement et ce, deux mois avant le scrutin du premier tour.

C'est une originalité que plus d'un observateur à appréciée, tant elle traduit un souci de transparence qui devrait caractériser tout processus électoral, surtout sur le continent noir où à l'époque des grands timoniers, était en vogue le slogan suivant : « En Afrique, on n'organise pas des élections pour les perdre ».

Or, pour autant que soit transparent un processus électoral, un président sortant peut mordre la poussière à l'issue d'un scrutin.

On l'a déjà vu au Sénégal avec Abdoulaye Wade et en Gambie avec Yahya Jammeh qui, bon gré mal gré, ont dû faire valoir leurs droits à la retraite après leur déculottée électorale respectivement en 2012 et en 2016.

Ce fut aussi le cas à Madagascar où Hery Rajonarimampiana a été battu à plate couture dès le premier tour du 7 novembre dernier.

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