18 Décembre 2018

Burkina Faso: Réduction des risques liés à l'usage des drogues - Le Pareco outille une quarantaine de journalistes

Du rapport mondial sur les drogues, il est ressorti que des améliorations notées dans le contrôle de l'épidémie à VIH cachent des faiblesses touchant les populations « vulnérables et marginalisées » de la société dont les consommateurs de drogues injectables qui constituent la cible la moins connue et la moins maitrisée en Afrique.

Selon les données de L'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, en 2013, on dénombrait 27 millions d'usagers de drogue dont près de la moitié consommeraient ces drogues par injection. 1,65 millions seraient atteints du VIH. En Afrique subsaharienne, ils sont 1 778 500 de consommateurs de drogues utilisant l'injection dont environ 221 000 d'entre eux seraient séropositifs à l'infection par le VIH.

« Une démarche de santé publique »

C'est donc dans le but d'améliorer l'accès aux services de Réduction des Risques (RdR) et à promouvoir le respect des droits humains des consommateurs de drogues injectables que le Pareco a été mis en œuvre dans 5 pays Ouest-africains (Burkina , Cap Vert, Côte d'Ivoire, Guinée Bissau et le Sénégal).

En 48h, les journalistes se sont familiarisés avec le programme en question et se sont étalés sur les concepts de RdR et promotion des droits humains auprès des consommateurs de drogues injectables. La RdR « est une démarche de santé publique pragmatique en ce qu'elle entend limiter les risques liés à la consommation sans avoir nécessairement comme premier objectif le sevrage et l'abstinence ». Aussi, elle a pour but d'accompagner l'usager de drogue dans la préservation de sa santé.

1275 consommateurs de drogues touchés...

Les résultats sont déjà probants sur le terrain. L'équipe du Pareco, dont les activités ont démarré en septembre 2017, a organisé 502 sorties dont 171 de nuits avec la constitution de 12 groupes de paroles. A l'issue de ces sorties, les médiateurs du programme dont fait partie des anciens consommateurs de drogues ont pu toucher 1275 consommateurs de drogues. Parmi les 1275 consommateurs, 83 consommateurs de drogues par injection ont bénéficié d'une assistance médicale et 35 ont bénéficié d'une assistance sociale.

Selon le docteur Hubert Traoré, chargé de programme Pareco au niveau de l'ONG Initiative Privée et Communautaire pour la santé, la riposte contre le VIH/SIDA au Burkina Faso, le but de cette formation était d'abord de sensibiliser les journalistes sur la RdR qui est un concept assez nouveau au Burkina Faso et de les orienter sur la manière de traiter l'information par rapport à ce sujet

« Nous avons parlé essentiellement de réduction de risques liés à l'usage des drogues, comment faire pour que le VIH, la tuberculose et les hépatites ne se transmettent pas au niveau des consommateurs de drogue injectable » a-t-il expliqué.

A l'en croire, après cette formation, les journalistes devront être capable de contribuer à la RdR en passant le message sur la manière dont les populations doivent se comporter notamment les CDI (consommateurs de drogue injectable) par rapport à leur façon de consommer la drogue, comment ceux-ci doivent se comporter afin de nuire le moins à leur santé mais également à celle de la communauté parce que « les seringues qu'ils utilisent peuvent causer des risques infectieux et d'overdoses. Il y a ceux qui utilisent des pipes pour fumer leur drogue et se les passent donc la salive qu'ils déposent sur les embouts des pipes peuvent être source de contamination pour ce qui est des hépatites .Vous savez également que beaucoup de consommateurs de drogue sont dans des ghettos et vivent dans un milieu propice à la propagation de la tuberculose » a affirmé le docteur.

Cette formation devra améliorer le traitement de l'information sur la thématique. Pour Ousséni Ilboudo, directeur de la rédaction du quotidien Observateur Paalga, les journalistes contribuent souvent à véhiculer des stéréotypes sur les consommateurs de drogue. C'était alors l'occasion pour lui de rappeler aux participants d'enquêter et de s'immerger sur les sujets avant de produire, de revenir aux fondamentaux du journalisme et de faire attention au choix des mots utilisés dans les articles.

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